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Reju choisit Lacq pour sa première usine française de régénération textile
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Reju choisit Lacq pour sa première usine française de régénération textile

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La jeune société Reju, filiale du franco-néerlandais Technip Energies, a choisi le bassin de Lacq (Pyrénées-Atlantiques) pour installer sa première usine française de régénération textile. Le projet, qui prévoit 350 millions d’euros d’investissement, constitue le maillon essentiel d’une chaîne de fabrication chimique de polyester issu de vêtements recyclés.

Reju veut fabriquer du polyester à partir de vêtements recyclés à Lacq (Pyrénées-Atlantiques) — Photo : Ben Kilb

La société Reju, fondée en 2023, a choisi la plateforme Induslacq (propriété de TotalEnergies) pour y installer sa première usine française de régénération des textiles en polyester. C’est le franco-néerlandais Technip Energies (plus de 17 000 salariés pour 6,9 Md€ de CA), spécialiste des projets d’ingénierie et de construction dans le secteur énergétique, dont Reju est une filiale à 100 %, qui doit valider l’investissement cette année.

Une usine à 350 millions d’euros

Il est de taille : 350 millions d’euros pour 80 emplois directs créés afin de produire 50 000 tonnes de monomère rBHET sous forme de poudre ou de granulés. Cette matière sera issue d’un premier traitement de 65 000 tonnes de textile dont Reju va séparer localement — par dissolution — les fibres de coton du polyester, fourni en balles par des collecteurs (notamment issus de l’ESS comme Le Relais) et surtrieurs. "On va ensuite enlever les impuretés du polyester comme les colorants, l’élasthanne ou les PFAS (polluants éternels, NDLR) avant de repolymériser cette matière", explique Alain Poincheval, directeur général de Reju. Au bout de la chaîne, Reju veut produire 38 000 tonnes d’un nouveau polyester issu de déchets textiles.

65 000 tonnes

Choix local

Plusieurs éléments ont motivé le choix d’implantation de Reju. "D’abord, il fallait que le futur site soit installé sur un parc industriel avec un accès important à l’énergie électrique, au réseau de vapeur et à l’azote. Il fallait un parc industriel sur lequel on pouvait avoir un agrément Seveso dans un secteur animé par une région où la circularité était déjà une thématique en place", résume le dirigeant.

Avec la présence locale de TotalEnergies, d’Arkema, d’Air Liquide, de Caremag ou d’Elyse Energy, le dynamisme a aussi joué son rôle dans une zone en plein renouveau industriel. "Enfin, la région étant la plus grande de France, elle dispose déjà d’un bassin important en termes de déchets textiles et d’un écosystème de collecteurs et de trieurs actif", poursuit Alain Poincheval.

Un maillon essentiel

Le site de Lacq comprendra plusieurs unités dont des zones de préparation de textiles et de stockage de produits chimiques, une salle de contrôle et une unité de génie chimique, chargée de "manipuler les polymères à environ 200 degrés", explique encore le responsable. Si le rôle dans la chaîne de fabrication finale est intermédiaire, la fabrication du produit final étant faite ailleurs, il en reste un maillon essentiel qui "va générer toute la qualité du produit final", précise le dirigeant de Reju. Les clients finaux seront les metteurs en marché, autrement dit les grandes marques qui vont commander de la matière pour fabriquer de nouveaux vêtements.

L’usine, dont Reju espère démarrer pleinement l’activité d’ici à 2029, doit être construite sur un terrain de cinq hectares. Pour la financer, l’entreprise passera par des emprunts bancaires, des levées de fonds et des aides publiques. Elle a déjà candidaté à l’appel à projets CAPTE (Circularité avancée des plastiques, textiles et élastomères), piloté par l’Ademe dans le cadre de France 2030.

25 %

Business adjacent

Reju ambitionne d’être une alternative à l’incinération ou à la mise en décharge d’un secteur textile à la consommation frénétique, accélérée par la fast-fashion. Il veut capter des textiles post-consommation. "Le post-industriel est plus facile à traiter mais disponible en Chine… Le post-consommateur est plus adapté au modèle de la REP (Responsabilité Élargie du Producteur)", ajoute Alain Poincheval.

Avec Reju, Technip cherche à "créer des business adjacents et valoriser cette technologie autrement qu’en licence. L’entreprise ambitionne de capter 25 % du marché du PET recyclé dans le monde". Reju, qui a construit un démonstrateur de son procédé chimique à Francfort (Allemagne), a deux autres lieux d’implantation en tête à Chemelot (Pays-Bas) et à Rochester, dans l’État de New York (États-Unis). Il vise près de deux milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2035.

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