Avant d'appeler les électeurs de PACA à faire acte de résistance afin de contrer la percée de Marion Maréchal Le Pen au lendemain du premier tour des élections régionales, le candidat Les Républicains Christian Estrosi avait placé le développement économique au cœur de sa campagne. "Mon engagement est d'abord celui de l'action à vos côtés pour que la Région devienne enfin un outil performant à votre service", avait-il écrit dans un courrier adressé aux chefs d'entreprise régionaux. Un engagement que l'on peut traduire par cinq grandes propositions qu'il conviendra désormais de mettre en musique. Elles concernent :
- Le Tourisme avec "la mise en place d'un Schéma Régional du Tourisme qui aura pour mission de fédérer les structures existantes, de promouvoir les trois marques de la Région (Provence, Alpes, Côte d'Azur), développer les activités sur l'ensemble de l'année et instaurer une politique d'itinérance innovante".
- L'Aménagement avec "la création de douze opérations d'intérêt régional centrées autour de filières d'excellence (santé, biotechs, énergie, aéronautique, maritime, tourisme, défense, agriculture...) pour attirer des entreprises et créer des gisements d'emplois".
- Le Financement à travers "la création du FIER (Fonds d'investissement pour les entreprises de la Région) qui pourra consentir des prêts pour les entreprises qui souhaitent s'implanter ou innover, entrer au capital d'entreprises en difficulté, accompagner des projets de coopération".
- L'Administratif avec l'ouverture "d'un guichet unique pour faciliter les démarches administratives".
- L'Apprentissage via "la création d'une banque régionale de l'apprentissage afin de placer les entreprises au cœur de la filière et mettre en adéquation leurs besoins et formations".
Qui pour piloter ce programme ambitieux ?
Pour l'instant, rien ne filtre concernant celui (ou celle) qui aura la lourde tâche d'assumer le poste de vice-président(e) en charge des affaires économiques. Cependant, on sait que Christian Estrosi apprécie s'entourer de personnalités issues de la société civile, et notamment de dirigeants d'entreprise. C'est lui qui a d'ailleurs fait appel à Christian Tordo, ex-directeur général de Texas Instruments France, pour le poste de vice-président de la Métropole Nice Côte d'Azur en charge de l'emploi et du développement économique. En outre, dans son équipe de campagne pour les Régionales, figurait comme conseiller Daniel Philippe, président de l'UIMM 06 et patron de Schneider Automation (Carros). Et, parmi ses colistiers, on trouve, entre autres, le vice-président de l'UPE13, Pierre Grand-Dufay, ou encore Bernard Kleynhoff, le président de la CCI Nice Côte d'Azur. Ce dernier, murmure-t-on, serait intéressé par la présidence de l'ARII, l'Agence régionale pour l'innovation et l'internationalisation des entreprises.
Et à la mairie de Nice ?
Confronté à la loi sur le cumul des mandats, Christian Estrosi n'en a pas fait mystère. S'il n'abandonnera pas la présidence de la Métropole NCA, il quittera bien ses postes de député et de maire de Nice, tout en restant au conseil municipal. Qui pour le remplacer ? Parmi les noms qui circulent, on retrouve son premier adjoint Philippe Pradal, Pierre-Paul Leonelli, Dominique Estrosi-Sassone ou encore Rudy Salles. Réponse à l'occasion du prochain conseil municipal.
Conseil des sages
Enfin, le désistement de l'équipe du candidat Christophe Castaner (PS) au second tour des élections régionales pour éviter au territoire une triangulaire périlleuse, ne sera pas oublié. Christian Estrosi a en effet décidé la création d'un conseil territorial, dont les contours restent à définir, afin "de donner les moyens à l'opposition de gauche, privée d'élus, de s'exprimer", explique-t-il. Ses trois prédécesseurs à l'hôtel de région, les socialistes Michel Pezet, Jean-Claude Gaudin et Michel Vauzelle, ont accepté de participer à ce "conseil des sages". La première action - symbolique ? - du nouvel homme fort de la Région.