Maurice Brun, marié, deux enfants, vous revendiquez un parcours atypique. Vous étiez président de la CCI des Hautes ? Alpes et vous voilà président de la CCI régionale Paca. Comment en êtes-vous arrivé là ?
J'ai grimpé l'échelle petit à petit, sans même m'en rendre compte. Je n'ai jamais brigué aucune fonction. J'avais un magasin de détail (boucherie, charcuterie, traiteur) à Laragne et j'étais président de l'association des commerçants de ce village. Tout a commencé par ma rencontre avec Pierre Roux, alors président de la CCI des Hautes-Alpes. Il m'a demandé de prendre part à l'activité de la chambre consulaire. Je me suis mis à travailler pour les autres et, en 1995, au départ de Pierre Roux, je suis devenu vice-président. En 1997, ce sont les équipes locales qui m'ont demandé de mener une liste et c'est ainsi que je suis devenu président de la CCI des Hautes-Alpes. C'est pareil, à la CCIR, en janvier dernier. Ce sont les six chambres consulaires qui m'ont demandé d'être le futur président régional. C'est un honneur pour moi. Aujourd'hui, j'ai vendu mon activité à 80 %. Je suis donc parfaitement disponible pour la fonction que j'occupe. Je n'ai pas cherché à peser le pour et le contre. J'avais envie de rendre service à l'institution qui avait connu plusieurs mois difficiles depuis l'automne 2014. L'important est toujours de rendre service, à la TPE comme à l'entreprise de 200 salariés.
Qu'est ce qui va changer à la CCIR avec votre arrivée ?
Plus de bla-bla. On annonce quelque chose, alors on le fait. Le Préfet de Région a parlé de mon " bon sens de montagnard " et j'en suis fier. J'ai été élu le 25 mars dernier dans une situation compliquée. J'avais moi-même été l'un des tout premiers à claquer la porte de la CCIR. Pendant cinq ans, il a existé sept CCI territoriales et une CCI régionale. Il fallait avant tout apaiser le climat. En deux mois, nous sommes devenus une CCIR au profit des chambres territoriales. J'ai enclenché la démarche inverse. La logique est aujourd'hui de donner le pouvoir aux CCI territoriales. Dans ce cas, la CCIR devient une chambre stratège.
Concrètement qu'elles ont été les premières actions ?
Nous avons ouvert en mai 14 chantiers, répartis en quatre thèmes principaux : l'organisation du réseau, les relations extérieures, les relations publiques et les ressources. Dans le domaine des relations extérieures, nous allons notamment signer une convention avec le conseil Régional au sujet de l'Arii. Il y avait une volonté mais pas d'éléments déclencheurs. La convention va enfin sortir d'ici à fin juillet. Cela nous permettra de mutualiser des moyens, comme nous l'avons fait sur le Forum Classe Export où nous avons fait stand commun avec la Région Paca. En termes financiers, il y a un important enjeu de réduction des coûts. Il faut apprendre à mutualiser nos moyens pour être plus efficaces et redistribuer les gains obtenus aux CCI territoriales. Il y a de nombreuses fonctions qui sont redondantes d'une CCI à l'autre. Nous pourrions les mettre en commun et faire des économies. Nous devons regarder nos dépenses à l'euro près. Pour être respecté, il faut être respectable. Sur beaucoup de dossiers rien n'a été fait. Je suis là pour dix-huit mois et je ne vais pas me contenter du décor et des honneurs. Les dossiers doivent avancer. J'ai par exemple déjà rencontré mes homologues de la région Rhône-Alpes, ce qui n'avait jamais été fait. Il y a un chantier important que j'ai à coeur : le cahier d'espérance. Nous avons prévu un rendu fin septembre. L'objectif est de le soumettre aux candidats des élections régionales. Ce document nous aidera à avoir une vision claire des CCI de demain et il va être mis en place avec les sept CCI territoriales. Il faut si peu de chose pour que les choses avancent. Le personnel est le même et les membres du bureau aussi. Mais nous travaillons maintenant dans un esprit participatif, nous décidons en équipe...
Vous vous êtes rapproché de la Chambre des métiers et de celle d'Agriculture...
Oui, pendant cinq ans, il n'y avait eu aucune rencontre entre les trois présidents. Pourtant, en terme de formation, il y a un enjeu majeur de 70 M€. J'ai rencontré les autres présidents autour d'un repas, dans un cadre informel et nous nous sommes mis d'accord sur une répartition équitable avec chacun une voix. Nous ne nous connaissions pas, mais j'ai fait le premier pas. Là encore, on le dit, on le fait. Mon rêve serait de constituer une interconsulaire régionale. J'ai fait beaucoup de sport collectif, notamment du foot, et je sais très bien que l'on ne gagne pas seul.
Le nouveau président de la CCI régionale Paca, Maurice Brun, présente sa nouvelle vision de l'institution, au service des CCI territoriales.