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Réemploi du verre : Eco In Pack a lancé sa propre usine de nettoyage
Cognac # Industrie # Transition écologique

Réemploi du verre : Eco In Pack a lancé sa propre usine de nettoyage

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La start-up charentaise Eco In Pack a dû revoir son business model en raison de la crise du cognac, mais pas ses ambitions. Elle a finalement internalisé son outil industriel et exploite depuis quelques mois son usine de nettoyage de bouteilles en verre. D’une capacité de 7 millions de bouteilles par an, le site devrait être saturé dès 2026.

Martin Calmette et Pierre-Olivier Bouvry, cofondateurs et dirigeants d’Eco In Pack, posent devant la machine flambant neuve de lavage-séchage qui tourne depuis septembre à Cognac — Photo : Eco in pack

Créée en 2021, la start-up Eco In Pack est entrée en phase industrielle en ouvrant sa première usine de nettoyage de bouteilles en verre en juillet 2024 à Cognac (Charente). Elle exploitait jusqu’alors un outil pilote au sein des locaux de l’association d’insertion l’Arche à quelques kilomètres de là, chargé de démontrer la capacité industrielle du process pour convaincre des partenaires (producteurs, distributeurs et clients) d’adhérer à un écosystème vertueux de réemploi.

"Notre idée n’était pas de devenir nous-mêmes opérateur de nettoyage mais d’œuvrer avec un partenaire", rappelle Martin Calmette cofondateur et codirigeant avec Pierre-Olivier Bouvry. Dans ce business model originel, Eco In Pack s’imaginait en coordinateur des acteurs chargés tantôt de la collecte, tantôt du lavage et tantôt des clients acheteurs. Jusqu’à ce que la crise du cognac bouscule les plans.

"Attendre ou internaliser"

"Notre partenaire, une grande maison, n’a pas pu nous accompagner. Début 2024 nous avions donc deux solutions : attendre ou internaliser", résume le dirigeant. Forte de deux nouvelles recrues stratégiques - un ancien d’Alstom qui maîtrise les grands projets industriels et un ancien responsable de production - l’entreprise s’est sentie armée techniquement. Dans le même temps, Eco In Pack menait une campagne de levée de fonds depuis déjà plusieurs mois. "Nos investisseurs ont compris que notre principe restait le même, industrialiser notre pilote" et ont conclu en mars 2024 un financement de 3 millions d’euros.

Le site, d’une capacité de 7 millions de bouteilles par an, pourrait être saturé dès 2026 — Photo : Caroline Ansart

"Ensuite tout est allé très vite, nous avons identifié un local et des machines dont nous avions anticipé la disponibilité en version grande échelle quand nous avons pensé notre pilote." Eco In Pack (17 salariés, environ 500 K€ de CA en 2024) a ainsi investi 1,4 million d’euros dans sa ligne de lavage-séchage automatisée, installée depuis juillet et en fonctionnement depuis septembre dans un entrepôt de 1 500 m2, voisin d’un autre site dédié au stockage de 500 m2.

Rester compétitif et maîtriser l’expertise

Aux 300 000 bouteilles par an de capacité de l’Arche - le pilote et les 6 salariés en insertion sont conservés - le site ajoute une capacité de 7 millions de bouteilles chaque année. Il a été pensé pour les spiritueux, "une niche pour lesquels les autres acteurs du réemploi proposent peu de solutions", mais traite aussi des bouteilles de vin, de bière, de jus, de sirop, à la marge des bocaux et plus tard les flacons de parfum et cosmétiques.

"Pour de multiples raisons - à commencer par l’urgence climatique - il est nécessaire de massifier le modèle en France et à l’international."

"Internaliser est finalement une très bonne option, estime Martin Calmette. Cela nous permet de rester compétitifs après la chute des prix du verre par rapport à ceux de 2023, et de maîtriser notre expertise pour notre déploiement."

Saturer le site en deux ans et le dupliquer

Car si le bond est colossal entre l’outil pilote et les capacités de l’usine, il reste une goutte d’eau sur le marché de 15 milliards de bouteilles produites en France chaque année. "Ce site n’est qu’un point de départ. Pour de multiples raisons - à commencer par l’urgence climatique - il est nécessaire de massifier le modèle en France et à l’international." Les dirigeants espèrent vendre 3 millions de bouteilles en 2025 et 7 millions en 2026. Autrement dit saturer le site en deux ans.

"Nous avons déjà embarqué de grandes marques, à nous de suivre en montant en puissance." Un partenariat avec l’association périgourdine La Bande Verte, qui prône le vrac et le réemploi du verre, lui a déjà ouvert les portes du marché britannique. Moins de quatre mois après son installation, l’usine a brillamment passé un audit pour de la grande distribution. Tous les voyants sont au vert.

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