Projet de recherche européen sur le captage et le stockage du CO2, «Cocate» a choisi le port de Rotterdam et la région duHavre comme terrain d'expérimentation de ses recherches. Le projet de recherche européen, «Cocate» s'intéresse à la réalisation d'une infrastructure commune de transport connectant différentes sources industrielles de CO2 de tailles différentes d'une même région vers des sites de stockage géologique. Piloté par l'Institut Français du pétrole (IFP) le projet a pour objectif d'étudier les conditions de transport des fumées afin de réaliser un captage mutualisé et d'exporter le CO2 capté en grandes quantités vers des zones de stockage. Car, «Cocate» est essentiellement destiné à régler la problématique des petites unités émettrices de CO2, de quelques dizaines à quelques centaines de milliers de tonnes, qui n'ont pas les moyens d'investir dans ces technologies, au contraire des grosses unités industrielles qui peuvent se doter de leur propre installation de captage et de transport de CO2. Le but de «Cocate» est d'arriver à trouver le moyen de mutualiser le traitement et le transport pour diminuer les coûts. Pour ce qui est du stockage, Sandrine Decarre, chef de projet expose plusieurs scénarios: «le stockage off shore est une possibilité ainsi que le stockage à Rotterdam qui peut recevoir ce CO2 et dispose des capacités pour le retraiter». Sur la question du transport, deux options sont ouvertes: soit par un réseau de collecte local, basse pression vers différents centres de captage, soit vers le port de Rotterdam sous haute pression, pour un stockage dans les champs pétroliers et gaziers déplétés (anciens gisements de gaz utilisés comme cavité de stockage) de la mer du Nord. Le transport pouvant être effectué par pipeline ou par bateau (sous forme de liquide réfrigéré). «L'aspect sécurité du système est primordial; c'est pourquoi il faudra acquérir l'accord des populations selon les choix réalisés».
Un projet de 4,5M€
D'une durée de trois ans, «Cocate «dispose d'un budget de 4,5M€ dont près de 3M€ de contribution de la Commission européenne. L'Europe qui, rappelle Sandrine Decarre: «A une demande express pour que beaucoup d'informations soient mises dans le domaine public. Des échanges sont aussi prévus avec d'autres programmes européens comme Europipe». LeHavre développement fait partie des huit partenaires de la recherche et de l'industrie du projet «Cocate», parmi lesquels on retrouve un autre français «Geogreen», le port de Rotterdam, le Sintef energy research de Norvege ou encore Saneri d'Afrique du sud. Chargée de mission industrie, Maud Samuel explique que LeHavre developpement travaille déjà dans ce domaine du captage et du stockage du CO2 avec un concortium regroupant les 16 industriels les plus émetteurs de la zone duHavre et qu'il existe: «des pistes pour valoriser le CO2 dans des serres agricoles ou encore des boissons gazeuses» et qu'en ce qui concerne le stockage du CO2 havrais, le bassin parisien ou la Mer du Nord semble les plus adéquates car: «Il faut des couches géologiques perméables et on peut aussi stocker dans des puits de pétrole asséchés. Mais, sur LeHavre, il n'y a pas d'endroits adéquats».
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