Rapport Rufenacht : 18milliards pour la façade maritime du Grand Paris

Rapport Rufenacht : 18milliards pour la façade maritime du Grand Paris

Remis le 15février dernier au premier ministre, le rapport pour le développement de la vallée de la Seine chiffre à 18milliards d'euros cinq projets indispensables.

Faire le lien entre Paris et la mer, pour offrir à la capitale une ouverture maritime qui lui fait défaut en partie, c'est l'ambition du projet de développement de la vallée de la Seine portée par son commissaire général Antoine Rufenacht, dans le cadre du projet de Grand Paris. Après un premier rapport d'étape en octobre dernier, le rapport définitif présenté à François Fillon le 15février dernier met en avant deux propositions majeures. La première concerne la mise en place d'une gouvernance partagée reposant sur la coexistence de deux institutions: une conférence pour le développement de la vallée de la Seine, composée à parité des représentants de l'État, des collectivités et du monde économique, ainsi qu'un commissariat général pour le développement de la vallée de la Seine, étoffé. La seconde proposition porte sur l'obtention des investissements: «A la hauteur de cette ambition», le rapport préconisant que: «Des moyens conséquents soient réservés au projet pour financer des équipements incontournables et stratégiques». Cinq équipements sont considérés comme «incontournables»: la LNPN, le port d'Achères (plate-forme logistique aussi appelée port de Seine Métropole), l'achèvement de la rocade «La Francilienne» A104 pour connecter le port d'Achères avec les axes structurants de l'Ile de France, la liaison A13-A28 (contournement Est de Rouen), la réalisation d'un réseau ferroviaire haute performance réservé au fret entre Paris, Rouen et LeHavre, et enfin, un lien fluviomaritime dans le port duHavre. Au total, le coût estimé de ces cinq équipements avoisinerait 18milliards d'euros! Pour soutenir le projet global, six axes stratégiques ont également été déterminés: une stratégie d'information et communication; réalisation du «Seine Gateway» avec notamment l'idée de fusionner les ports duHavre, de Rouen et de Paris; mise en place d'une métropole équilibrée (notamment LNPN); faire de la vallée de la Seine un laboratoire de réindustrialisation et de sortie de crise; faire de la vallée de la Seine un laboratoire de développement durable; faire émerger une culture partagée sur le territoire. Sur ces bases, les élus de Gauche (Alain Le Vern, Jean-Paul Huchon ou encore Laurent Fabius, entre autres) ont répondu que le rapport était: «Un non-événement (...) élaboré dans la précipitation, sans vraie concertation avec les élus et les représentants de la société civile. (...) Le seul chiffrage annoncé (18 milliards d'euros pour cinq équipements, est évidemment irréaliste. (...) Nous refusons d'alimenter l'usine à promesses. (...) Nous demandons un programme d'actions utiles, d'intérêt général, ciblées et financées, ambitieuses et réalistes».