Quand Pascal Quénéa a créé son entreprise, Quénéa, à Carhaix en 1996, il n'était pas un nouveau venu dans le domaine des énergies renouvelables. « J'avais déjà travaillé dans le solaire en Allemagne », explique-t-il. L'activité a pourtant eu du mal a démarré car encore très nouvelle en France. « On a vraiment commencé par de l'éolien en 2001 même si le solaire restait notre métier de base », explique-t-il. Aujourd'hui, l'éolien représente un quart de l'activité, contre trois quarts pour le photovoltaïque. « Nous gérons une dizaine de parcs éoliens en Bretagne, Pays de la Loire et dans la Massif Central. Mais les deux activités sont difficilement comparables en terme de chiffre d'affaires. » Le marché du solaire, lui a démarré plus tard, au milieu des années 2000, mais de façon spectaculaire. Les tarifs de rachat de l'électricité produit de cette manière étaient très attractifs. « Le marché a explosé, se souvient Pascal Quénéa. Mais il y a aussi eu un effet d'aubaine avec beaucoup de nouveaux acteurs et l'arrivée de matériel chinois. »
Maîtriser la croissance
L'entreprise carhaisienne aussi profite de l'état de grâce du marché. Elle passe à 50 salariés et réalise à l'époque 25 millions d'euros de chiffre d'affaires. « Mais nous avons maîtrisé notre croissance, qui n'a pas été exponentielle. Avec le recul, on a eu raison », explique Pascal Quénéa. En effet, en 2010, les tarifs sont revus à la baisse et le marché connaît un coup d'arrêt brutal. Beaucoup d'acteurs disparaissent aussi vite qu'ils étaient venus. Pas Quénéa. « On est revenu au niveau de 2006-2007, mais on a tenu », estime Pauline Caro, directrice générale de Quénéa. La société est proche de l'équilibre avec un chiffre d'affaires de 5 millions d'euros. Cette méthode des tarifs avantageux a créé une bulle qui a fini par exploser. « Mais elle a eu le mérite de faire connaître le photovoltaïque en France très rapidement, fait remarquer le dirigeant. On cherche toujours le bon business model, mais au moins, plus personne ne met en doute que le photovoltaïque fait partie du bouquet énergétique français. » Quénéa est restée une entreprise indépendante. « On n'a pas voulu faire appel à un fonds de placement qui aurait eu des exigences à assez court terme. » Le dirigeant a voulu conserver les compétences techniques de son équipe (20 salariés) : « On n'est pas que des commerciaux. »
Effet de levier
Pour démontrer son savoir-faire, il a fait le choix de lancer l'entreprise comme investisseur à partir de 2009. Aujourd'hui, Quénéa produit 4MWatt en solaire et en éolien. « Puisqu'on a les compétences, autant le faire, explique Pascal Quénéa. Cela peut faire levier pour compléter un tour de table sur un projet. Ça le crédibilise qu'un installateur investisse dedans. » Cela permet aussi à l'entreprise de se mettre dans la peau d'un producteur d'électricité et ainsi de mieux répondre aux attentes. « On est présent à tous les étages de la fusée : l'étude, l'installation, la maintenance et l'investissement », observe le dirigeant. Aujourd'hui, les clients de Quénéa ne recherchent plus qu'un simple produit avec un fort rendement financier. « On parle à nouveau économie d'énergie et technique avec eux. On vend d'abord un outil pour produire de l'électricité », conclut Pauline Caro.
Quénéa
(Carhaix) Président : Pascal Quénéa Directrice générale : Pauline Caro 20 salariés 5 millions d'euros de chiffre d'affaires 02 98 93 31 00