Que valent les logiciels libres?

Que valent les logiciels libres?

L'achat de logiciels informatiques représente un coût important pour l'entreprise. Une solution alternative existe, moins chère à long terme, sûre et pleine d'avantages: les logiciels libres.

Dans les années 1990, l'informatique a vu naître, à côté des logiciels classiques vendus sous licences, des logiciels dits libres. Depuis, la révolution informatique semble en marche, avec pour cheval de bataille, l'ambition de faire gagner de l'argent aux entreprises clientes tout en assurant un partage de savoirs. Le logiciel libre est en effet un logiciel dont la licence dite «libre» donne à chacun le droit d'utiliser, d'étudier, de modifier, de dupliquer, de donner et de diffuser ledit logiciel sans contrepartie.




De l'informatique sur mesure

«Dans le schéma classique, un éditeur crée un logiciel, qui est ensuite vendu à d'autres entreprises, moyennant le paiement d'une licence», rappelle Marc Saboureau, directeur de l'agence Makina Corpus (Nantes) et président de l'association Alliance Libre, qui regroupe des éditeurs de logiciels libres. Ces éditeurs déposent des brevets et délivrent un code utilisateur qui est leur propriété. Au contraire, «le logiciel libre est basé sur la diffusion gratuite du savoir, compare Marc Saboureau. L'information peut être partagée et enrichie à tout moment par tout le monde. Le code source est transmis librement, tout comme la licence GPL (NDLR: general public licence) protégeant le logiciel». Résultat, un produit informatique est sans cesse amélioré et déployé. «Si un client veut compléter un logiciel pour ses besoins spécifiques-par exemple, s'il a besoin de personnaliser un logiciel pour la gestion de son stock-, il peut faire appel à un ingénieur qui rajoutera une compatibilité, une application. Finalement, il y a un apport constant de briques au produit initial».




Quel est le coût réel?

Une entreprise qui opte pour des logiciels libres tels qu'Open Office ou Linux ne va donc pas payer de licence à un éditeur propriétaire (Microsoft par exemple). Elle va ainsi faire des économies. En revanche, tout n'est pas non plus gratuit. Si l'entreprise veut ajouter des fonctionnalités, elle devra régler la prestation de service d'un ingénieur. Un coût «qui peut aller de 300€ à 1.200€ pour enrichir son logiciel, selon le développement demandé et le temps passé», témoigne Marc Saboureau. Ensuite, avec le logiciel libre, l'entreprise n'aura pas besoin de payer des mises à jour ou des migrations de systèmes. Aucun risque non plus de voir l'entreprise propriétaire du logiciel faire faillite ou disparaître avec son savoir! «Le logiciel libre ne lie pas le client à une entreprise éditrice. C'est la liberté de pouvoir choisir son fournisseur et d'utiliser uniquement les fonctions dont on a besoin», continue le président d'Alliance Libre. À court terme comme à long terme, le logiciel libre est donc intéressant. Le seul coût pour une entreprise est alors d'embaucher un prestataire extérieur, pour un temps limité, afin de faire les téléchargements et installations, et de former le personnel au logiciel. Si l'entreprise emploie un jeune ingénieur, elle a de fortes chances qu'il s'y connaisse, puisque les écoles les forment désormais aussi aux logiciels libres. Les transferts de compétences seront donc de plus en plus aisés dans les années à venir. Le seul inconvénient des logiciels libres se ressent sur les gros projets: «Leur utilisation est délicate si l'entreprise a 4.000 personnes à raccorder au logiciel, ou si elle a 100.000 connexions par jour», prévient Marc Saboureau. C'est la seule limite, qui pourrait très prochainement être franchie.