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Quand les patrons azuréens pensent la métropole connectée
Nice # Numérique # Collectivités territoriales

Quand les patrons azuréens pensent la métropole connectée

Après avoir phosphoré 18 mois durant sur le sujet de la "métropole connectée et ouverte", les membres du Conseil de développement métropolitain de Nice Côte d’Azur ont rendu leur copie. Elle comprend vingt propositions concrètes... qu’il tient à la collectivité de mettre en œuvre.

Nice poursuit sa longue marche vers cette nouvelle ère urbaine intelligente dont elle est devenue l’un des terrains d’expérimentation les plus avancés si l’on en croît le classement du cabinet Juniper Research qui la place dans le Top 4 des smart cities mondiales. « Notre territoire métropolitain a pris de l’avance », confirme Christian Estrosi, son président. « Nous avons la volonté de la conserver ». Et quoi de mieux, selon l’élu, que de « faire appel à ceux qui bossent, ceux qui créent, ceux qui font l’économie » pour penser la Métropole de demain. Laquelle doit être connectée et ouverte, évidemment. Et, si possible, à la pointe de l’innovation scientifique et technique, mais aussi sociale, culturelle, écologique... Une feuille de route ambitieuse dont s’est emparé le Conseil de Développement métropolitain, instance présidée depuis 2015 par le patron d’Allianz France, Jacques Richier, qui vient donc murmurer à l’oreille de la collectivité afin de « co-construire un projet de société commun », précise l’assureur, et ce sur trois grands axes : l’emploi, l’éducation et la formation, et la démocratie participative.

La société civile phosphore

Créée en 2012, l’instance regroupe aujourd’hui, au travers de huit commissions, quelque 160 membres bénévoles issus des milieux économiques, sociaux, culturels, éducatifs, scientifiques, environnementaux et associatifs de la Métropole. « C’est une émanation de la société civile qui vise à faire remonter les idées du terrain aux politiques », résume Franck Lavagna, directeur des relations avec les collectivités d’Orange, rapporteur d’un des « vingt projets pour une Métropole connectée et ouverte » présentés début juillet. En l’occurrence, celui qui prône la création d’un "Observatoire des usages", porté par la commission Innovation et Nouvelles Technologies présidée par Marion Bouthors, directrice du site Horizon de Schneider Electric.

Un observatoire des usages

« La ville n’est intelligente que si le citoyen comprend, s’approprie et utilise les nouveaux services qui lui sont proposés. C’est là tout l’enjeu. Le frein à une Métropole connectée n’est pas technologique mais comportemental », analyse-t-elle. D’où cet observatoire qui entend impliquer davantage l’habitant dans la smart city en le sensibilisant, voire en l’éduquant à l’utilisation de ces nouvelles technologiques, tout en s’assurant qu’elles répondent bien à ses attentes. « Sa mise en place offrirait l’opportunité aux entreprises innovantes de venir tester sur le territoire métropolitain un produit ou un service auprès d’une population déjà éduquée à ce sujet », renchérit Franck Lavagna.

« En 18 mois de concertation, des projets ont émergé autour des grandes priorités identifiées, qu’il s’agisse de consolider des forces déjà existantes, comme le sport connecté avec la création d’un cluster dédié, ou de combler ce qui nous est apparu comme des manques, telle une école de la seconde chance », reprend Jacques Richier. En bref, un catalogue de mesures où l’excellence numérique, la performance énergétique, l’amélioration du vivre ensemble doivent conduire à renforcer l’attractivité du territoire, faciliter le développement des entreprises et donc créer de l’emploi.

La question du financement

Reste toutefois la question de leur mise en œuvre, et surtout de leur financement. « Nous avons apporté des projets les plus aboutis possibles, indique Marion Bouthors. C’est désormais à la collectivité de les mener au bout ». Laquelle affirme, dixit Christian Estrosi, « être bien décidée à les mettre en application ». Certains, bien avancés, ont déjà obtenu des dotations lors du vote, le 30 juin dernier, du Schéma métropolitain de Développement Economique, d’Innovation et d’Internalisation (SMDEII). C’est le cas de la plateforme "Smart me up" portée par les startuppers Cédric Messina (MyCoach) et Olivier Ricard (Full Performance et 360&1) qui vise à identifier, orienter et accompagner les porteurs d’idées innovantes. Elle devrait être chapeautée par les équipes du CEEI NCA dès cet automne.

D’autres propositions, à l’instar de la plateforme d’"hypervision urbaine des risques environnementaux" soutenue par Carole Ory (Enedis), s’inscrivent sur un temps plus long et nécessiteront des financements européens. La capacité de la collectivité à lever des fonds auprès de Bruxelles sera alors essentielle. Les dotations liées à la labellisation Capitale de l’Innovation européenne 2017, à laquelle Nice s’est portée candidate, pourraient l’y aider. Réponse attendue en septembre.

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