Publicité sur internet et dégustations gratuites : Les viticulteurs soulagés
# Conjoncture

Publicité sur internet et dégustations gratuites : Les viticulteurs soulagés

Confrontée à des interdictions croissantes, la filière viti-vinicole a obtenu gain de cause. Aujourd'hui, elle peut continuer à proposer des dégustations gratuites et promouvoir le vin sur internet en toute légalité.

«La raison l'a emporté. Nous étions dans une situation affligeante et étions considérés comme des parias par l'État». Jean-Louis Vézien, directeur du CIVA (Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace), se félicite du vote des députés dans le cadre de la loi Bachelot sur l'hôpital même s'il estime que «cette juste reconnaissance arrive tardivement». Le 6mars, les députés ont voté un amendement qui maintient l'autorisation des dégustations gratuites de vins lors des fêtes, foires et en vue de la vente tout en interdisant les «open-bars». Le 9mars, ils permettaient officiellement la publicité de l'alcool sur Internet. Une victoire pour la filière viti-vinicole qui ces derniers mois avait fait part de sa grogne face à la diabolisation du vin. En août lors de l'inauguration de la Foire aux vins de Colmar, Jean-Nicolas Schaeffer, président du CIVA, avait notamment alerté le secrétaire d'État en charge du commerce et de l'artisanat, Hervé Novelli, sur le flou juridique autour de la loi Evin qui ne tenait pas compte du support de la Toile lors de sa promulgation en 1991. Fin octobre, mobilisation nationale. En Alsace, les vignerons avaient recouvert les panneaux de communes d'un sac poubelle flanqué du mot «censure». Une manifestation qui aurait, selon les professionnels de la filière, poussé la ministre de la Santé à prendre des décisions.




Fin du problème ?

Depuis le mois dernier, la publicité sur Internet est officiellement autorisée. Pour autant, le directeur du CIVA estime que la bataille n'est pas tout à fait gagnée. «On devra se méfier des attaques de l'ANPAA, association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie. Il y a encore un amalgame entre l'alcoolisme et la consommation». Un amalgame qui pourrait être gommé avec le maintien des dégustations libres. Selon les viticulteurs, la dégustation est le meilleur moyen pour avoir une consommation responsable et raisonnable du vin «L'ANPAA est sur une mauvaise piste car on renforce l'alcoolisme en prohibant», explique Frédéric Bach, directeur de l'AVA (Association des viticulteurs d'Alsace). Et Jean-Louis Vézien de rappeler que dans le code civil il est inscrit qu'il est impossible d'imposer le paiement du vin sans l'avoir dégusté au préalable. Toutefois, les deux hommes, satisfaits de ces deux nouvelles mesures, se disent inquiets quant à la définition même de la publicité: «C'est un autre point qu'il faudra traiter. Nous aimerions que la presse écrite soit libre de parler du vin en tant que produit».

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