P.Stéfanini (Team Côte d'Azur): «S'associer au CRT a du sens»

P.Stéfanini (Team Côte d'Azur): «S'associer au CRT a du sens»

Philippe Stéfanini, directeur de l'agence de développement économique Team Côte d'Azur, revient pour le Journal des Entreprises sur les résultats 2008 de sa structure.


Votre action a permis l'implantation de 27 entreprises sur le sol azuréen en 2008. Un bon bilan?

Par rapport à la conjoncture, c'est un bilan satisfaisant. Satisfaisant quantitativement, car nous sommes au même niveau que 2007... ce qui n'était pas gagné en début d'année. Qualitativement, ce sont des implantations de centres de R & D, et de groupes renommés. On trouve à la fois de jeunes "success stories" exemplaires dans leurs secteurs et quelques grandes enseignes, comme Symantec ou Autodesk. Dire que Sophia Antipolis accroche en 2008 deux noms parmi les dix plus grands du logiciel dans le monde, ça a du sens!


Mais pour arriver à ce résultat, vous avez dû détecter deux fois plus de projets...

Cela vient d'un report de décisions. Dès la mi-2008, le nombre de projets à l'étude a augmenté du côté des entreprises, mais le nombre de décisions s'est raréfié. C'est la nouvelle organisation opérationnelle de Team, en place depuis le 1erjuillet 2008, qui a permis de détecter deux fois plus de projets. Nous sommes passés de 176 projets détectés en 2007, à 225 fin 2008... En attendant plus 300 projets détectés pour la fin 2009.


Avec à la clé plus d'implantations?

De manière générale, l'investissement n'est pas quelque chose de répétitif. Chaque implantation est un prototype. Certaines se basent uniquement sur du recrutement, d'autres se limitent à de la relocalisation d'équipes existantes, ou nécessitent un partenariat avec un labo... C'est très compliqué de faire des prévisions sur des décisions d'implantation. Nos objectifs se chiffrent pour cela uniquement en détection de projets. Mais en gardant un raisonnement clair: les projets qui auront été travaillés en 2009, même s'ils ne débouchent pas immédiatement, sont des dossiers qui pourront aboutir dans l'après-crise.


Le conseil général, qui vous finance, s'est engagé dans de sérieuses économies... et pourrait fusionner votre agence avec le CRT Riviera?

Le budget de Team Côte d'Azur a été réduit cette année de 200 K€, soit environ 5%. Néanmoins, en ce qui concerne les démarches de promotion de l'image du territoire, il est évident que le fait d'associer nos démarches à celles du Comité régional du tourisme Riviera Côte d'Azur (CRT) relève du bon sens économique. Il y a un potentiel de rapprochement qui n'est pas uniquement dicté par un souci d'économies comptables mais aussi par le renforcement de la concurrence, très vive, aussi bien sur le plan touristique que sur l'attraction des investisseurs. Diverses actions sont d'ores et déjà engagées, comme le programme «Centres de décision du tourisme» lancé il y a 18 mois, pour attirer les entreprises-phares du secteur du tourisme dans l'hôtellerie, les clubs de vacances, etc. Nous travaillons ensemble également sur deux autres programmes d'actions très packagés pour être efficaces sur une cible de marché, qui seront détaillés prochainement. Donc rien n'est figé, mais pas plus cette année que les années précédentes. On a conscience de la nécessité d'utiliser au mieux l'argent public, et cela pas uniquement dans les périodes de crise. Ce n'est donc pas un réflexe nouveau. Nous cherchons toujours le meilleur effet de levier pour résister à la concurrence.