Fournisseur de services numériques, le rennais Provectio (40 salariés, 8 M€ de CA en 2025) a pris à bras-le-corps la question de la fin de vie des matériels informatiques. Depuis deux ans, il a engagé une démarche de réemploi et de gestion de ces produits. "Nous avons une activité RSE depuis très longtemps, et cela fait quatre ans que nous réalisons notre bilan carbone, par conviction collective et personnelle, explique le dirigeant et fondateur de Provectio Maxime Charlès. Nous voulons aller plus loin pour non seulement mesurer, mais aussi réduire l’empreinte environnementale de l’informatique, pour nous-mêmes et pour nos clients."
Mesurer l’empreinte carbone des matériels
Provectio s’engage aujourd’hui dans des actions à impact positif. Il délivre ainsi un bilan carbone des équipements à ses clients, qu’il sensibilise aux gestes écoresponsables. L’acteur des nouvelles technologies incite à avoir un usage moins énergivore, en éteignant les équipements comme les téléphones, le wifi, certains serveurs la nuit. "La nuit et le week-end représentent 50 % du temps", justifie Maxime Charlès. En parallèle, Provectio veut prolonger la durée de vie du matériel informatique, pour réduire leur empreinte carbone. "Le poids carbone d’un matériel IT c’est pour moitié sa fabrication et pour moitié son utilisation", poursuit le dirigeant.
En augmentant leur durée de vie, par le reconditionnement par exemple, l’empreinte carbone baisse donc mécaniquement. Si cela fonctionne bien pour les téléphones, la filière de reconditionnement est moins aboutie pour les ordinateurs. Provectio a donc commencé à construire son propre circuit pour proposer à ses clients une solution complète et responsable.
10 % seulement réemployés
L’entreprise récupère les anciens équipements (serveurs, ordinateurs, périphériques…) de ses clients puis les trie. Soit ils sont réemployés après avoir été nettoyés et réparés par Provectio. Soit ils sont revendus à des associations ou structures à faibles moyens. Soit ils sont recyclés par des entreprises locales spécialisées. "Malheureusement, 90 % doivent partir en recyclage, parce que les matériels sont trop vieux pour les usages actuels. Ils perdent en sécurité et en vélocité notamment. Ils sont également plus sujets à des pannes que le neuf, et ce n’est pas compatible avec les exigences du marché B to B. Nos clients veulent que cela fonctionne ou soit réparé vite. Le particulier, lui, sera plus enclin à attendre une réparation."
Vers un système de compensation
Un constat qui sonne comme un regret pour Maxime Charlès. Mais il n’a pas dit son dernier mot. Après avoir récupéré plusieurs centaines d’ordinateurs ces derniers mois, il en a tout de même reconditionné et revendu plusieurs dizaines via son site en ligne "Provectio Seconde vie". "Nous ne gagnons pas d’argent avec cette activité, mais c’est important de prolonger la durée de vie des équipements. Nous aimerions aller plus loin, en réfléchissant à un système de compensation carbone, qui devrait aboutir d’ici aux douze prochains mois". Plus globalement, Provectio veut diviser par deux son impact carbone dans les trois ans qui viennent.