Entre la conjoncture mondiale qui pousse à la compression des coûts et la nécessité de capter et de fidéliser des collaborateurs compétents, l'entreprise doit généralement faire le grand écart. D'où l'intérêt pour elle de mettre en place une politique de rémunération efficace. Une politique qui ne se limitera pas seulement au salaire. En effet, une augmentation de salaire ou l'octroi d'une prime engendre des charges sociales supplémentaires pour l'entreprise. Dans ce schéma, le salarié devra aussi déclarer davantage d'impôt sur le revenu. Mieux vaut donc alors, aussi bien dans l'intérêt de l'employeur que de ses collaborateurs, s'intéresser au large panel de rémunération périphérique qui existe en France: chèque emploi service, voiture de fonction, intéressement, épargne salariale ou prévoyance d'entreprise, etc.
Dispositifs appréciés des salariés
Complémentaire santé, retraite et garanties prévoyance sont ainsi des outils de fidélisation très appréciés des collaborateurs. En 2007, 93% de la population française était ainsi couverte par une assurance-maladie complémentaire. Et 40% des personnes seulement bénéficient d'un contrat collectif, selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques. C'est dire s'il reste encore de la place sur ce créneau pour les entreprises. D'autant que neuf salariés sur dix conçoivent une complémentaire santé comme un avantage financier. Pour les entreprises également, ces dispositifs de prévoyance collective sont des outils de rémunération très attractifs, puisque bénéficiant d'exonérations sociales et de déductions fiscales. «Sur un salaire de 100, avec les charges patronales, l'entreprise va verser environ 160; quant au salarié, une fois déduites ses cotisations salariales, il reçoit 75 et devra encore payer derrière l'impôt sur le revenu. En revanche, si l'entreprise met en place une mutuelle ou une prévoyance et qu'elle décide de verser 160, étant donné qu'elle ne paiera pas de charges à l'exception de la CSG CRDS, elle ne versera que 160. Cette somme sera perçue presque à 100% par le salarié (pas de charges hormis la CSG CRDS). En outre, celui-ci n'a pas à la déclarer pour l'impôt sur le revenu», explique Yanick Philippon, directeur général France du cabinet de conseil en ressources humaines Mercer. Reste que, depuis début 2009, la réglementation régissant la prévoyance d'entreprise a évolué, le cadre légal étant désormais beaucoup plus strict. Pour pouvoir bénéficier des exonérations et ne pas être inquiétée par l'Urssaf, l'entreprise doit désormais s'assurer que la teneur des contrats et la façon de les mettre en oeuvre correspondent bien aux nouvelles exigences réglementaires.
Les dispositifs de prévoyance collective sont des compléments de salaire particulièrement attractifs pour les entreprises, ces contrats bénéficiant d'exonérations sociales et fiscales. De ce fait, ils sont économiquement plus performants que l'octroi d'une prime ou d'une augmentation de salaire. Reste pour l'employeur à choisir entre complémentaire santé, retraite supplémentaire et garanties prévoyance et à bien répondre aux exigences de la nouvelle réglementation, qui est entrée en vigueur en 2009.