Prêt de salariés : Épiphénomène en période de crise

Prêt de salariés : Épiphénomène en période de crise

Avec la crise, le prêt de salariés est apparu comme une alternative au chômage pour quelques rares entreprises.

La formule du prêt de salariés peut se révéler intéressante dans le cas où l'entreprise A doit faire face à un carnet de commandes au plus mal alors que l'entreprise B, qui travaille dans le même secteur, ne peut plus répondre à la demande. L'entreprise A va alors prêter temporairement un ou plusieurs de ses salariés à l'entreprise B.Pour les entreprises en difficulté, le système leur permet de réduire leurs charges fixes et de ne pas avoir à financer une restructuration. Surtout, elles conservent leurs salariés dans la perspective d'une reprise d'activité. Le salarié prêté, lui, échappe à un licenciement ou à des mesures de chômage technique et conserve son contrat de travail initial. Il devra cependant faire preuve d'adaptabilité au sein de son nouvel employeur temporaire. En juin dernier, l'assemblée a adopté une proposition de loi facilitant le prêt de salariés afin de clarifier cette procédure. Le texte prévoit que le prêt doit être fait sans que l'entreprise prêteuse en tire d'autre bénéfice qu'un allégement de sa masse salariale à un moment où elle connaît des difficultés temporaires.




Freins au prêt de main-d'oeuvre

Face à la crise, certaines entreprises comme Rhodia ou STMicroelectronics ont expérimenté le prêt de salariés. Pour autant, la formule reste encore très confidentielle. «Elle a été très médiatisée mais cela reste un épiphénomène. Il y a deux freins pour le prêt de main-d'oeuvre. D'une part, du côté des salariés prêtés, pour en moyenne trois ans, ils ne connaissent pas leur condition de retour dans leur entreprise. Du côté des employeurs ?prêteurs?, on craint que le salarié ne retourne pas dans l'entreprise à la fin de la période de prêt. Sentiment partagé par Franck Delalande, directeur du groupement d'employeurs Vénétis, pour qui «les expériences de prêts de main-d'oeuvre ont montré que souvent le salarié ne voulait pas revenir dans son entreprise d'origine à l'issue de la période de prêt».