Le projet était lancé, la maquette présentée à la presse, en présence de l'architecte, du maire et de la députée PS et de tous leurs amis scientifiques et entrepreneurs. Le futur quartier rénové de la presqu'île grenobloise, baptisé "Grenoble Presqu'île", une inversion sentant bon l'anglicisme, allait métamorphoser l'entrée de la ville, créer un quartier où il fait bon vivre, et pas seulement pour les Bobo nous promettait-on. Mais les Verts sont passés par là! Comme à leur habitude, ils ont déposé un recours, discrètement, sans rien dire. Sauf que ça s'est su parce que le tribunal administratif a annulé la révision du Plan local d'urbanisme (PLU). Le groupe Écologie et solidarité justifie ce recours par une «irrégularité importante» dans la procédure de révision, une «violation des règles d'urbanisme». Les pro-presqu'île affirment que cette décision «ne remet pas en cause les orientations de ce projet dans toute sa mixité» mais accusent le retard imposé sur le «volet solidarité», la construction de logements sociaux étant remise en question. Nous voilà bien: on doit choisir entre le respect de règles obscures et incompréhensibles pour le plus grand nombre ou loger des familles modestes dans un quartier qui sera de toute façon inaccessible vu le marché de l'immobilier local. Le tout sur fond de querelles préélectoralistes. Qui sonnera la fin de la récréation? @email
- LE BILLET