Bénédicte Emily : « Nous avons toutes les deux des parcours différents. Mais au départ, ni l'une ni l'autre, nous n'envisagions vraiment de travailler dans l'entreprise familiale. J'ai fait un BTS de commerce international et une école de commerce au Havre. J'ai ensuite eu quelques expériences professionnelles dans d'autres entreprises dans le commerce, les ressources humaines. J'ai rejoint Pre Vision il y a 5 ans. » (La holding Pre Vision chapeaute 8 entreprises dans le machinisme agricole principalement : Emily, Sofimat, Magsi, Oxymax, Oxymontage, etc. 450 salariés environ ; 90 M€ de CA. NDLR).
« Il y avait une opportunité car il y avait beaucoup de travail et ils voulaient étoffer l'équipe. Je me suis donc occupée de missions ponctuelles dans les entreprises du groupe dans divers domaines : gestion, analyse, commerce, etc. Je venais en appui des directeurs des sociétés qui n'avaient pas forcément le temps de gérer ça. »
Anne-Claire Lecardonnel : « Pour ma part, j'ai aussi fait un BTS de commerce international à Saint-Pol-de-Léon. Je ne savais pas trop quoi faire mais je n'avais pas du tout envie d'intégrer l'entreprise. Je suis partie au Mexique en stage et cela m'a plu. »
« À mon retour, notre père m'a proposé de m'occuper des clients espagnols qui venaient chez Sofimat acheter du matériel d'occasion, en attendant autre chose. J'ai donc débuté à mi-temps en 2000, puis à temps plein à l'été en me chargeant des ventes à l'export et en France. »
« En 2005, je suis partie en Espagne pour y créer un site. J'y ai passé 8 ans. Avec mon mari et mes enfants, on souhaitait revenir en Bretagne. Et je me suis sentie prête à intégrer Pre Vision, ce qui n'était pas du tout le cas avant. J'ai donc demandé à mes parents, en 2013, et ils ont dit oui. » « Un changement dans la continuité »
B.E. et AC.L. : « Cette idée de reprendre ou non le groupe, ce n'est pas quelque chose dont on parlait à la maison. Notre père nous laissait mener nos projets. Il ne posait pas la question mais préparait quand même l'avenir. Il y a cinq ans, il avait nommé Gérard Kervern au poste de directeur général. »
« Au final, proposer de prendre la suite s'est fait naturellement. On s'est retrouvées toutes les deux dans la holding. On en a discuté entre nous et puis on l'a proposé à nos parents qui ont dit oui et ont été plutôt heureux. »
« Aujourd'hui, Gérard Kervern est le directeur du développement. Nous restons une équipe à cinq même si nous prenons désormais les décisions finales. Nous avons juste redistribué les rôles. Notre père reste président. Paul Kerdraon est le directeur financier. Nous avons besoin des trois pour nous épauler, ce sont eux qui ont l'expérience. Il n'y a pas de changement capitalistique, c'est un changement dans la continuité, en somme. »