Pourquoi les start-up vont en masse au CES de Las Vegas
# Activités culturelles et événementiel # Innovation

Pourquoi les start-up vont en masse au CES de Las Vegas

Plus de 220 start-up françaises ont fait le choix d'aller exposer leurs innovations au salon CES de Las Vegas. Parmi elles, neuf viennent des Pays de la Loire, dont six de la métropole nantaise. Elles y recherchent de la visibilité et des contacts pour valoriser ou distribuer leurs produits.

C'est devenu LE rendez-vous de l'année pour les start-up françaises. Le Consumer Electronic Show (CES), plus grand salon BtoB de l'électronique grand public du monde avec 170 000 visiteurs et près de 4.000 exposants, se tient jusqu'au 8 janvier à Las Vegas. D'édition en édition, les entreprises françaises se pressent toujours plus nombreuses au portillon pour décrocher un stand, notamment au sein de l'espace Eureka Park, qui accueille des start-up du monde entier. Les jeunes pousses hexagonales étaient moins de 50 à faire le déplacement en 2014 ; elles sont plus de 220 à exposer leurs innovations cette année (sur 250 entreprises et structures hexagonales au total). Ce qui fait de France la troisième délégation mondiale derrière les États-Unis et la Chine, et la première en nombre de start-up.

Rencontrer des distributeurs

Les objectifs sont les mêmes pour toutes : lancer leurs produits, pénétrer le vaste marché américain et rencontrer des distributeurs du monde entier. Selon un questionnaire réalisé par le grand ordonnateur de l'écosystème des start-up hexagonal, la mission French Tech, auprès des start-up participantes au CES 2016, 95 % en dressaient un bilan positif et 74 % recommanderaient ce salon à d'autres start-up.

Auvergne - Rhône-Alpes en force, la Bretagne à la traîne

Leurs principales motivations : établir des relations presse (76 %), rencontrer des distributeurs (57 %) et sonder le marché (57 %). « Cette dynamique traduit une évolution culturelle et une nouvelle ambition chez les entrepreneurs français : ils pensent leur start-up comme internationale très tôt et vont rapidement confronter leur produit aux marchés étrangers. L'ambition est de créer des entreprises mondiales, présentes sur les plus grands marchés », analyse la mission French Tech. Concernant l'édition 2017, sans surprise, Paris et l'Ile-de-France sont les plus représentées avec quelque 90 start-up exposantes. Vient ensuite la région Auvergne-Rhône-Alpes et sa quarantaine d'entreprises ambassadrices dont une dizaine pour Lyon et Grenoble. Trois sociétés bordelaises ont décidé de faire le déplacement parmi les treize de Nouvelle-Aquitaine. La Normandie et les Pays de la Loire peuvent se targuer d'une dizaine de représentantes, quand la Bretagne se contente de quatre émissaires. Côté secteurs d'activité, c'est bien évidemment l'internet des objets (IoT) qui a le vent en poupe avec des innovations variées, de la rupture technologique au gadget de niche. L'écosystème français, qui couvre largement la chaîne de valeur de l'IoT de la connectivité aux objets connectés professionnels et grand public, est une force pour les entreprises exposantes ayant investi ce créneau.

Cheval de Troie

Pour certains acteurs du secteur numérique, cette cristallisation de plus en plus forte des start-up autour du CES peut néanmoins nuire à l'écosystème. « Je pense qu'il reste un rendez-vous important pour que nos entreprises soient visibles mais il faut faire attention à ne pas se focaliser uniquement sur ce salon et regarder également vers Los Angeles et San Francisco où se trouvent les investisseurs, ainsi que vers l'Asie et la Scandinavie », tempère ainsi Olivier Mathiot, P-dg de PriceMinister et coprésident de France Digitale (voir " L'invité " en dernière page du journal). « Au contraire, rétorque une porte-parole de la French Tech, c'est justement parce que le CES est le moment de l'année qui offre la visibilité la plus massive aux start-up françaises qu'il doit être utilisé comme un cheval de Troie pour montrer cette dynamique aux médias français et internationaux ».

# Activités culturelles et événementiel # Innovation