C'est le plus gros des trois data centers d'Air France-KLM. « Le plus critique aussi », précise Olivier du Merle, directeur du centre informatique sophipolitain du groupe aérien. Un site qui fêtera, le 23 juin prochain, ses 40 printemps en présence du P-dg d'Air France-KLM Jean-Marc Janaillac. Un déplacement qui souligne le caractère stratégique du centre azuréen et, plus largement, de l'activité IT du groupe de transport répartie sur quatre sites (Amsterdam, Orly, Toulouse, Sophia Antipolis) et dont le budget avoisine chaque année les 800 millions d'euros.
2000 attaques informatiques par an
Il faut dire qu'avec la digitalisation des métiers et le contexte très concurrentiel qui pousse le groupe à toujours plus optimiser ses coûts, « l'entreprise Air France-KLM attend beaucoup de l'informatique », reprend Olivier du Merle. Dont les challenges sont à la fois démographiques ("on note une surreprésentation des 40/50 ans"), techniques et technologiques. « La maintenance pour assurer la continuité de l'activité pèse deux tiers du budget, l'innovation un tiers. L'objectif est de l'amener demain à 50% ». Un défi de taille quand on sait que le groupe subit, par exemple, plus de 2.000 attaques informatiques par an dont les conséquences se mesurent en pièces sonnantes et trébuchantes. « 20 minutes d'indisponibilité des ventes, c'est 100.000 euros de perdus. »
À Sophia, 40 applications critiques
Or, c'est justement le data center de Sophia Antipolis qui héberge, entre autres, tous les métiers liés au transport passagers, du site de vente en ligne à la gestion des passagers, des escales et des programmes de vols, en passant par différents outils dont le système d'optimisation des recettes qui, depuis sa conversion aux technologies du Big Data au début des années 2010, « fait gagner 100 millions d'euros par an » à la compagnie. « Il couvre également une grande partie de l'activité cargo (fret, ndlr), des ressources humaines d'Air France-KLM mais aussi les systèmes d'information d'autres grands groupes comme celui de Hermès », détaille le directeur. Au total, les 2000 serveurs du site hébergent 420 applications dont 40 critiques.
40 millions investis ces dix dernières années
D'où l'investissement, ces dix dernières années, d'une enveloppe de 40 millions d'euros dans la rénovation de ce site de 25 hectares, dont dix "hautement sécurisés", avec la création d'un data center jumeau pour assurer la continuité de l'activité en cas de besoin, la modernisation du système chaud/froid ou encore la mise en place de cellules photovoltaïques. « Celles-ci produisent 10% de la consommation énergétique du data center, soit l'équivalent d'un quartier de 400 habitants. 65 tonnes de CO² sont ainsi économisées annuellement », précise Olivier du Merle. A cet égard, le data center sophipolitain vient d'être labellisé Energy Efficiency par la Commission européenne et a rejoint son programme Code of conduct for DC qui vise à favoriser l'optimisation énergétique de cette activité particulièrement énergivore.
En 2016, Air France-KLM a réalisé un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros, dont 792 millions d'euros de profit, et emploie 82.000 personnes. Le site sophipolitain compte, lui, 900 salariés. Une vingtaine de recrutements sont programmés pour l'année 2017.