Avec 75 projets permettant la création ou le maintien de 2 365 emplois, Paca est, cette année encore, la sixième région d'accueil des investissements étrangers en France, derrière le Grand Est et l'Occitanie. Une place qui interroge au regard de son poids économique - le troisième de France selon une étude réalisée en 2015 par l'institut Montaigne - avec un PIB supérieur à 150 milliards d'euros. Elle se classe même parmi les 20 régions ayant le PIB le plus élevé d'Europe. Alors, comment expliquer ce décalage ? « La région ne sous-performe pas, défend d'emblée Jacques Lesieur, directeur de l'agence de développement économique Team Côte d'Azur. Ce sont les autres régions qui ont grossi ». « La France a récemment fait évoluer les périmètres des régions, rappelle son homologue de Provence Promotion, Philippe Stéfanini. Dès lors, Paca fait aujourd'hui figure de petite région par rapport à l'Auvergne Rhône-Alpes ou l'Occitanie, par exemple ». Une question de taille donc, qui amène celle du foncier.
Un foncier rare...
« Nous sommes dans une activité où l'offre crée la demande. Si les entreprises entendent parler de nouveaux sites, elles vont s'y intéresser ». Or, en Paca, le foncier se fait rare. Certes à l'Est, avec l'Eco-Vallée, comme à l'Ouest, autour de l'Étang de Berre, des ressources importantes existent, mais il manquerait, selon Provence Promotion, un aménageur opérationnel à l'échelle de la région. « Les contraintes du territoire ne nous permettent pas de toute façon d'accueillir tous les types d'investissement, et notamment ceux pourvoyeurs de beaucoup d'emplois comme les grandes industries », reprend Jacques Lesieur. En témoigne, d'ailleurs, le quatrième rang tenu en Paca par les investissements allemands, majoritairement industriels, alors qu'ils trustent la première marche du podium en France. D'où le choix de mener, dixit le directeur de Team Côte d'Azur, « une politique d'attractivité ciblée sur les activités stratégiques définies par la carte des Opérations d'Intérêt Régional ». À savoir, des technologies clés (optique, numérique, IoT), de la santé (thérapies innovantes, silver économie), du naval, du tourisme, de la naturalité et beaucoup de smart (grids, city, mountain, industrie du futur).
... mais des talents
Car si la région n'a pas de foncier, elle a des talents. Et s'avère une des terres privilégiées des centres de recherche internationaux. En 2016, elle a ainsi capté 18 % du total des projets de R&D en France. De même, « la capacité d'échange de données intéresse les entreprises qui ont tendance à s'installer là où existent d'importants flux de datas. Sur ce plan-là, nous nous positionnons avec les grandes métropoles que sont Londres, Amsterdam, Francfort et Paris », revendique Provence Promotion. Enfin, si en nombre d'emplois créés, Paca se retrouve sixième, le classement diffère si l'on prend en compte le ratio entreprises étrangères/entreprises nationales implantées, les Bouches-du-Rhône enregistrant un score de 50%, les Alpes-Maritimes de 55%. « À Lyon, pour l'Aderly, ce taux est de 30 % », précise Solange Biaggi, présidente de Provence Promotion désignée en 2015, rappelons-le, comme « l'agence des métropoles ayant enregistré la plus forte part d'entreprises étrangères ».