Pour le concept
Le concours Get in The Ring, créé par la Fondation Kauffman en 2012, a tous les attributs d'un combat de boxe : le ring, le vocabulaire, les rounds. Seule différence notable, à la place d'uppercuts bien sentis, c'est à coup de pitches de 2'30, en anglais, que s'affrontent les start-up reparties selon leur valorisation : poids léger (moins de 1 M€), poids moyen (de 1 à 10 M€) et poids lourds (plus de 10 M€). Le 11 février dernier, dix-huit jeunes pousses issues de six pays européens sont montées sur le ring, à Londres, pour la finale West Europe. Quatre Azuréennes figuraient sur la feuille de matches, sélectionnées un mois auparavant lors des finales monégasque (Navily et Solar Games) et française (Belcurves et France Labs).
Pour les pitches
Hyper calibrés, les pitches sont séquencés en cinq thèmes de 30", portant sur l'équipe, le marché, les réalisations, la recherche de financement et le "freestyle", entendez "thème libre". «
Un excellent entraînement pour la recherche de levée de fonds », témoigne Cédric Ulmer, dirigeant de
l'éditeur de logiciels France Labs, poids léger vainqueur à Nice, éliminé en phase de sélection londonienne. A l'origine d'un moteur de recherche open source pour entreprises, la société souhaite opérer cette année un premier tour de table de 300 K€. « Rien n'est laissé au hasard, reprend-il. On nous coache dès le matin pour être concis et percutant ». Et ainsi délivrer le pitch convaincant, « savoureux mélange d'un projet porteur et d'un entrepreneur charismatique », résume Vincent Garnier, chargé d'affaires au CEEI NCA, organisateur de la finale hexagonale.
Pour le voyage d'affaires
Lui aussi du voyage, il en a profité pour organiser, en marge du concours, des rencontres entre les start-up françaises présentes et l'écosystème londonien : accélérateurs, grands comptes, banques, avocats, agence de développement... « Comparé aux quatre rendez-vous quotidiens programmés par Vincent, le concours faisait presque figure de pause », sourit Alexandra Bell, fondatrice de
Belcurves, vestiaire virtuel intelligent qui après trois ans de R&D se lance sur le marché.
Pour gagner en visibilité
« Le timing était le bon », souligne cette Anglaise, Niçoise d'adoption, qui a déjoué tous les pronostics pour échouer de peu en finale des poids moyens. «
En termes de visibilité, d'accès à de potentiels clients et investisseurs, GITR est un formidable accélérateur », se réjouit celle qui a été approchée par « cinq très bons contacts, dont un du géant chinois Alibaba ».
Pour l'ambiance
« C'était quand même un peu bizarre, ce ring avec ce tapis de sol qui nous faisait rebondir, se souvient-elle. Mais si fun ». Dans le public, on mange du popcorn et on exprime son soutien affirmé, voire bruyant, aux candidates sur le ring, surtout les anglo-saxonnes semble-t-il. Le privilège de jouer à domicile. Mais qu'on se rassure, «
les start-up françaises ont surpris par leur haut niveau de qualité », insiste Vincent Garnier. Et l'honneur est sauf : la parisienne
OnOff, application permettant de générer plusieurs numéros de téléphone sur un seul mobile, a dominé la catégorie poids lourds et ira défendre ses chances le 15 mars à Medellin, en Colombie, pour la finale monde. A la clé : la possibilité de lever un minimum de 500 K€.
Cinq start-up françaises dont quatre Azuréennes ont participé le 11 février dernier à Londres à la finale ouest-européenne du concours mondial Get in the Ring. Cinq raisons de participer à l'édition 2016 de ces Olympiades des start-up dont la finale France se tiendra cette fois encore à Nice en novembre 2016.