Le torchon brûle entre le Département de l'Isère et la Région Auvergne-Rhône-Alpes, d’une part, et la métropole de Grenoble conduite par Christophe Ferrari, d'autre part. Lors de la dernière assemblée générale, fin avril, qui devait acter la transformation de l'Agence d’Etudes et de Promotion de l’Isère (AEPI) en une antenne locale de la nouvelle agence économique régionale, la métropole de Grenoble s’est élevée contre ce choix, qui fait suite au transfert de la compétence économique des Départements aux Régions et Métropoles. Mais la délibération a toutefois été votée à la majorité, avec 26 voix sur 30.
Perte de savoir-faire
« Nous avions proposé une gouvernance la plus souple possible, dans laquelle la Métropole et la Région seraient en coprésidence. Nous étions prêts à augmenter notre contribution de 170.000 à 800.000 euros », justifie le président de Grenoble Alpes Métropole, Christophe Ferrari, qui rappelle que les métropoles sont compétentes au même titre que les régions sur le champ économique. « Ce n’est pas juste une marotte des Grenoblois. Nous n’avons pas obtenu de garanties concernant le maintien des équipes sur place dans le temps. Il est hors de question de perdre notre savoir-faire ». C’est pourquoi Christophe Ferrari a annoncé qu’il n’hésiterait pas à recruter lui-même une partie des agents de l’AEPI pour les intégrer au service économique de la Métropole si aucun accord n’était trouvé dans les prochains jours avec la Région. « Cela pourrait concerner 7 à 8 agents, qui pourraient ensuite être mis à disposition de la Région, dans le cadre d’une agence locale », glisse Christophe Ferrari. Une simple menace ou une nouvelle manière d’interpréter les possibilités offertes par la loi NOTRe ?
Faire fondre le mille-feuilles
Yannick Neuder, à la fois président de l’AEPI et vice-président à la région Auvergne Rhône-Alpes, regrette une posture qu’il qualifie de « politicienne ». « L’idée est de ne pas se tromper à l’heure de la mondialisation, et de chasser en meute. Pour cela, il nous paraît important qu’il n’existe qu’une seule agence régionale pour plus de rayonnement et de visibilité ». Il affirme ne pas croire à un écosystème où il puisse coexister une agence régionale et une agence métropolitaine. Et balaie d’un revers de main les craintes concernant toute délocalisation de l’agence : « Déménager une agence économique de Grenoble dans le Cantal n’aurait pas de sens ! L’idée est de s’appuyer sur les forces des antennes locales ». Il pointe plutôt du doigt un différend de nature économique… « Pour l’instant, l’agence travaille à 60% pour le périmètre de la Métropole, alors que celle-ci ne finance l’outil qu’à hauteur de 10%, contre plus de 90% par le Département. Nous avions proposé un modèle où chaque acteur payait la même part (800.000 euros), à savoir la Région, la Métropole et le Département ».
Selon ce projet, le budget de l’AEPI (2,4 millions d'euros) ainsi que sa masse salariale demeureraient constants. « Il est prévu de conserver l’ensemble des 20 postes présents à l’AEPI, mais de réaliser des économies en termes de locaux en déménageant les équipes dans les bureaux de la Région, qui sont situés à Grenoble près de la place Bir Hakeim ». Il reconnait toutefois qu’à terme, il pourra exister « des synergies au niveau de l’encadrement et des échelons intermédiaires ».