« Notre projet de consortium a été accepté par le tribunal qui nous avait ordonné une poursuite d'activité suite à la mise en redressement judiciaire de la PME Lucien Noyon le 7 septembre dernier, suite à des difficultés aussi bien formelles que financières. Nous étions alors à la recherche d'une alternative à la liquidation.
Lettres d'engagement
Courant novembre, nous avons approché nos clients et la PME industrielle prestataire sri lankaise MAS, à qui nous avons parlé de la situation. Nous avons eu à répondre à beaucoup de questions durant cette période. Mais progressivement, des lettres d'engagement sont arrivées. Les deux marques de beaux dessous La Perla et Van de Velde nous ont dit qu'elles étaient prêtes à investir si l'entreprise avait besoin d'un support, qu'il était possible d'en discuter avec leurs différents actionnaires. C'est comme ça que l'idée d'un consortium a finalement germé dans les têtes. Une idée présentée à l'administrateur judiciaire le 5 janvier dernier et qui est passée devant le tribunal le 12 du même mois.
Pacte d'actionnaires
Le pacte d'actionnaires a ensuite permis de réunir les fonds nécessaires pour renforcer les actifs de l'entreprise. Et le 9 février, nous avons été en mesure de déposer le chèque de reprise. La liquidation de Lucien Noyon a été confirmée le 13 février et la création de Noyon Dentelle enregistrée le 22 février. La société a été créée en 8 jours, nous ne pouvions pas l'ouvrir et la déclarer au greffe avant d'avoir l'accord du tribunal. Cette association avec nos clients et prestataires nous a permis de conserver l'ensemble de l'effectif : 170 salariés. Les représentants du personnel ont d'ailleurs témoigné de leur soutien au projet à la barre du tribunal. Une société a même été créée, la SDCN, par des cadres et salariés pour entrer dans l'actionnariat de la nouvelle entité. Les clients, comme le géant français de la lingerie Etam, La Perla ou Van de Velde, détiennent 60 % du capital, le partenaire sri lankais MAS 20 %, 10 % à la société SDCN composée de 80 salariés, agents et amis de Noyon. La part restante ayant été accordée à l'ancien actionnaire Lucien Noyon qui a réinvesti, sur accord du tribunal, pour garantir une cohérence avec l'histoire de l'entreprise et rassurer les salariés. La nouvelle entreprise est donc administrée par six entités dont la première réunion a eu lieu en mars. Ils reçoivent tous des reporting hebdomadaire.
Nous connaissons un abaissement du point mort, suite au départ de 60 personnes, ce qui améliore les perspectives de retour à l'équilibre. Ce que je prévois à horizon de trois ans.
Manuel de conduite
Mais le consortium a aussi apporté son lot de questions. Il y a ceux qui nous font confiance et puis ceux qui ont soulevé des problématiques d'intromission des clients actionnaires. Pour les rassurer, je mentionne l'élaboration d'un règlement intérieur interdisant aux administrateurs d'intervenir sur les collections ou les statistiques de vente.