Ponthier investit pour démultiplier ses capacités de production autour d’un modèle d’affaire repensé
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Ponthier investit pour démultiplier ses capacités de production autour d’un modèle d’affaire repensé

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Née en 1946 comme négociant en fruits frais, la PME corrézienne Ponthier sort d’une importante phase d’investissement. Elle a injecté 31 millions d’euros dans son outil industriel pour démultiplier ses capacités de stockage et de production. Elle l’a fait en repensant en profondeur son modèle d’affaires pour gagner des parts de marché dans un secteur "en contraction".

Inventeur en 1980 d’un nouveau procédé de cuisson et de conservation des châtaignes, l’industriel corrézien Ponthier est aujourd’hui un transformateur de plus d’une soixantaine de fruits en compotes, coulis et autres préparations gastronomiques, qu’il vend à des professionnels — Photo : Carlos Matias

C’est à une relance aux chiffres assez impressionnants à laquelle s’est attelée la PME corrézienne Ponthier, propriété depuis 2018 de Food Emotion, pôle gastronomie du groupe Ariane, holding familiale fondée en 1998 par les enfants des fondateurs de Camaïeu.

Production et stockage démultipliés

Spécialisé dans la transformation de fruits — en purées, coulis, broyés ou compotées — essentiellement pour le secteur de la gastronomie, l’industriel corrézien né en 1946 a inauguré le 12 juin son nouvel outil de production dans son usine d’Objat, près de Brive. Il y a investi 31 millions d’euros – dont 6,5 millions d’euros d’aides — en quatre ans pour faire passer son usine de 8 500 à 14 500 m2.

"On a triplé les capacités de stockage et démultiplié les capacités de production en passant de 6 000 à 27 000 tonnes."

De nouvelles chambres froides ont été installées, ses lignes de production étendues et des lignes robotisées mises en place pour diviser par 30 la charge portée par les opérateurs de la préparation et du conditionnement des fruits.

"Nous avons triplé les capacités de stockage et démultiplié les capacités de production en passant de 6 000 à 27 000 tonnes", révèle Thierry Sibut, président de Food Emotion et spécialiste de l’agroalimentaire (passé par Valloire, Ravifruit ou Kerry). "On a construit tout autour de l’usine, en agrandissant les zones de stockage des matières premières à l’entrée de l’usine, celle de la production au centre et celle des produits finis, le tout en gagnant en efficience."

Un effectif en forte croissance

Avec l’essor de la production, a nécessairement suivi celui des collaborateurs. "On est passé de 77 salariés permanents en 2017 (92 en comptant les intérimaires) à 135 aujourd’hui, 45 intérimaires et une trentaine de fonctions support", poursuit Thierry Sibut.

Ponthier a aussi musclé sa force commerciale — passée de six personnes à la reprise à une trentaine aujourd’hui — et investi "plusieurs millions d’euros" pour lui permettre d’occuper le terrain à l’export, où la PME réalise 67 % de son chiffre d’affaires, livrant ses produits dans plus de 90 pays.

L’usine de Ponthier, à Objat (Corrèze), est passée de 8 500 à 14 500 mètres carrés en quatre ans — Photo : Carlos Matias

Virage environnemental

Au-delà de cet investissement industriel et humain conséquent pour accompagner sa croissance, la société a opéré un autre virage RSE pour repenser en profondeur son modèle d’affaires.

Ce changement est intervenu dans un contexte de croissance (25 % par an) bousculé par le Covid et la fermeture du tourisme d’affaires, qui a impacté le chiffre d’affaires de Ponthier d’environ 30 % (12 millions d’euros) en 2020.

Ainsi, les deux tiers de son réseau d’approvisionnement a changé pour répondre aux besoins spécifiques du transformateur. Le réseau de distribution, lui aussi, est monté en gamme "en ciblant le top 3 dans chaque pays, pour accompagner notre croissance". Devenue société à mission en 2022, certifiée Bcorp en 2023, l’entreprise a aussi créé son propre label, Pure Trace, pour garantir des produits sans résidus de pesticides et améliorer la traçabilité des fruits.

76,3

Conciliant RSE et croissance, Ponthier a troqué le sucre de canne contre du sucre de betterave et ses emballages en plastique noir, non recyclable, contre des emballages colorés à l’encre végétale. Le dirigeant de Food Emotion affirme que ces efforts sont aussi un moyen pour la PME de "se différencier et donner du sens à l’activité. Ce marché a plutôt tendance à se contracter. On se développe avant tout en prenant des parts de marché", assure-t-il.

Le résultat est déjà visible : le chiffre d’affaires de Ponthier a plus que doublé entre 2018 et 2024, passant de 32 à 76,3 millions d’euros. "Nous devrions tutoyer les 90 millions d’euros cette année", termine Thierry Sibut.

Corrèze Brive-la-Gaillarde # Agroalimentaire # PME # RSE # Investissement industriel
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