Poma : Les remontées roulent des mécaniques de New York à Pékin
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Poma : Les remontées roulent des mécaniques de New York à Pékin

Voilà déjà plusieurs années que Poma évolue des simples remontées mécaniques aux systèmes de transport par câble. Un concept qui la fait voyager de New York à Pékin.

Le tramway aérien construit par Poma à New York a créé le buzz. Car ce n'est pas tous les jours qu'un constructeur européen fait voyager les Américains. En effet, Poma vient d'inaugurer la mise en service du tramway aérien qui relie Roosevelt Island à Manhattan en trois minutes! Chaque cabine peut accueillir jusqu'à 110passagers et l'installation assure un flux de 1.500 personnes par heure dans chaque sens. C'est une prouesse technologique qui a fait appel au savoir-faire de Poma.

Apporter des solutions
«Quand ils ont vu le Vanoise Express qui relie les stations des Arcs et de LaPlagne en Savoie, les Américains ont dit ?On veut ça!?, explique Christian Bouvier, le directeur commercial. En fait, le système de deux lignes indépendantes qui assurent un fort taux de disponibilité leur a beaucoup plu.» Néanmoins, les ingénieurs de Poma ont dû résoudre une nouvelle contrainte: un vent très fort. Pour assurer la stabilité des cabines qui traversent l'East river, ils ont trouvé cette solution: construire une voie extra-large de 4,10 mètres. Personne ne l'avait jamais fait... Plus qu'un constructeur de remontées mécaniques, Poma se présente aujourd'hui comme un spécialiste de solutions de transport par câble, qui englobe la conception, la fabrication, l'installation ainsi que le suivi et la maintenance des systèmes.

Plus de sécurité
Les solutions doivent apporter de plus en plus de confort pour les passagers, tout en respectant le milieu naturel dans lequel les cabines sont construites. Surtout, le transport par câble évolue dans un cadre réglementaire très exigeant puisqu'il en va de la sécurité des passagers. «La sécurité se partage à plusieurs, notamment avec les maîtres d'oeuvre, commente Christian Bouvier. On aime bien bénéficier de plusieurs regards. On assure des tests en double. Il faut être extrêmement vigilant.» Du coup, quand les Domaines skiables de France interpellent les constructeurs en indiquant que le prix d'un télésiège débrayable a augmenté de 90% en 10 ans, le directeur commercial de Poma se refuse d'abord à commenter ce chiffre, en ajoutant que «les produits proposés aujourd'hui n'ont rien à voir avec ceux d'il y a 10 ans! L'environnement normatif a beaucoup évolué. Le confort et les performances des installations sont également incomparables!»

50% de neige
En tout cas, face à de tels investissements en R & D, l
'entreprise iséroise a tout intérêt à diversifier ses marchés. Aujourd'hui, la neige représente environ la moitié du chiffre d'affaires. Mais ce marché stagne. «Les stations ont tendance à remplacer trois ou quatre installations par une seule, beaucoup plus importante et plus structurante, commente Christian Bouvier. Comme à Praloup où, pour cette saison, un télésiège débrayable six places vient remplacer trois téléskis. Ou à Samoëns, où un télésiège débrayable prend la place de deux télésièges fixes.» La tendance est la même à l'étranger. Poma innove également pour aider les professionnels de la neige à moderniser les installations existantes sans pour autant les changer. Elle peut par exemple changer des cabines pour améliorer le confort. Une façon d'alléger aussi le budget... Amérique du Nord, Europe, Asie, Russie... L'entreprise essaie de capter tous les marchés liés à la neige. Elle a par exemple remporté de gros contrats à Sotchi pour les jeux Olympiques.




Un funiculaire à Grasse

Néanmoins, elle fait plus parler d'elle pour ses projets réalisés dans l'urbain. Medellin en Colombie, New York aux États-Unis... Ou Rio de Janeiro au Brésil, où elle termine l'installation d'un métrocâble. Ce chantier de 18 mois doit être opérationnel en mars2011. Poma vient aussi tout juste de remporter un appel d'offres: un funiculaire automatique à Grasse. Et encore plus inattendu, Poma a réalisé une télécabine ?salle blanche? en partenariat avec l'entreprise iséroise Vêpres Constructions pour le CEA-Léti à Grenoble. «Dans la neige, on travaille au rythme des saisons, constate le directeur commercial. En six mois, un chantier est bouclé. Alors que dans l'urbain, il faut composer avec le contexte économique et politique, le timing est plus long. Mais il s'agit aussi de systèmes dont le coût final est plus élevé puisqu'il intègre bien souvent d'autres constructions.» Ainsi, le chantier global d'un métro câble atteint environ 10M€/km, tandis qu'il est de 5M€/km pour un télésiège. Mais dans les deux cas, il s'agit bien toujours de gravir des montagnes ou de franchir des obstacles.

Poma

(Voreppe) - Président: Jean Souchal - 850 pers. - CA: 240M€ - Présent dans 73 pays - 04 76 28 70 00 - www.poma.net

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