Planète écoPar Axel de Tarlé Un Smax pour être heureux!

Planète écoPar Axel de Tarlé Un Smax pour être heureux!

Sommes-nous heureux? C'est à cette question fondamentale qu'a essayé de répondre la Commission Européenne dans l'une de ses récentes études (www.eurofound.europa.eu/ pubdocs/2008/52/en/1/EF0852EN. pdf). La Commission a posé cette question toute bête: «Êtes-vous heureux?». Et première surprise: non, les Français ne sont pas les plus malheureux! Loin de là. Sur les trente pays européens passés au crible, la France se hisse à la onzième place, derrière les Britanniques, mais devant les Allemands ou les Espagnols. Le haut du classement est trusté par les pays d'Europe du Nord, avec comme "champions du bonheur", les Danois, suivis par les Suédois et les Finlandais. Tout en bas du tableau, on trouve les pays d'Europe centrale: Turquie, Lettonie, Hongrie, Macédoine et Bulgarie. À première vue, ce hit-parade du bonheur ressemble furieusement au classement du PIB par habitant (Danemark: 30.470euros/habitant; France: 27.940€/hab.; Bulgarie: 10.210€/hab.) Moralité: l'argent fait le bonheur? En fait, l'étude montre que ce n'est pas tant l'argent qui compte mais sa juste répartition à l'intérieur d'une même nation. En clair: plus les peuples sont égalitaires, plus ils sont heureux. De fait, l'écart entre riches et pauvres n'est que de 1 à 4 au Danemark ou en Suède. À l'inverse, cet écart va de 1 à 8 en Estonie, 1 à 10 en Turquie. D'où une certaine frustration, source de malheur. C'est exactement ce à quoi on vient d'assister en France. L'étalage des parachutes dorés, stock-options et autres bonus des grands patrons a déstabilisé la société française, avec à la clef la séquestration de chefs d'entreprises. Aussi, pour réconcilier la société française avec elle-même, le cabinet de conseil Proxinvest propose de créer un "Smax", un salaire maximum. De même qu'il existe le Smic, le salaire minimum, le Smax viendrait marquer une limite à la hausse. «Il s'agit de sauver le système, sinon les gens finiront par le rejeter», explique son président, Pierre-Henri Leroy. Difficile, en effet, de demander à la caissière de se satisfaire de son Smic derrière sa caisse, quand elle voit le grand patron "se goinfrer"sans limite. D'où cette idée d'un "Smax"pour être heureux!