Pierre Sibut : Un engagement à toute épreuve

Pierre Sibut : Un engagement à toute épreuve

Pierre Sibut aime les défis. Après avoir pris la présidence du tribunal de commerce de Vienne en début d'année, l'homme passionné de transport se verrait bien en politique. Un choix mesuré, guidé par une insatiable soif de conquête et d'engagements. Camille Nagyos

Difficile pour Pierre Sibut de parler de lui. De nature plutôt réservée, voire secrète, l'homme cache en fait un féroce appétit de conquête et cumule à ce jour pas moins de quatre présidences: président en Rhône-Alpes de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), vice-président de la FNTR au niveau national, président de Fret Rhône-Alpes et, depuis peu, président du tribunal de commerce de Vienne. Un défi personnel qu'il relève au quotidien, boosté par son engagement et sa passion pour le monde du transport.




Tombé dedans

«Je suis un grand timide. Et je dois reconnaître que ce n'est pas évident pour moi de prononcer un discours devant 1.000 personnes ou de donner des interviews en direct à la télévision et à la radio!», confesse-t-il calmement. Il n'empêche. Pierre Sibut aime ce qu'il fait. Et quand on aime, on se dépasse. Boulimique de travail, ne comptant jamais ses heures, il avoue facilement ne pas avoir le temps de pratiquer beaucoup de loisirs. Tout au plus un peu de jardinage le week-end et un film au cinéma de temps à autre. Il faut dire que sa flamme pour le transport de marchandises se transmet de génération en génération. Fils et petit fils de transporteur, Pierre Sibut est tombé dedans dès son plus jeune âge. «Mon grand-père était entrepreneur dans le transport de bois et de charbon. À son décès, dans les années 70, c'est mon père qui a repris l'entreprise installée alors à Vienne. Celle-ci a compté plus d'une centaine de salariés», se souvient-il fièrement. Contraint de revendre la société, son père ne lui transmettra finalement pas le bien familial. Qu'à cela ne tienne. Un diplôme de technicien des transports en poche, il crée, à 24 ans, Fret Rhône-Alpes, entreprise dont il est aujourd'hui encore le président. «J'ai toujours fait les choses très jeune, explique-t-il. Mon goût et mon appétit pour mon métier se sont vite transformés en engagement...» Ainsi, en 1992, le jeune chef d'entreprise de 35 ans rejoint la FNTR, l'une des plus importantes organisations de transport routier de marchandises et de logistique en France. Il ne la quittera plus pour finalement en devenir, dès 2005, le numéro deux.




Réaliser un rêve

Élu président du tribunal de commerce de Vienne en janvier dernier, Pierre Sibut ajoute donc une activité à son emploi du temps déjà bien chargé. Méthodique, organisé, il reconnaît avoir toujours eu une prédisposition pour l'ordre et les choses bien réglées. «J'ai toujours voulu être magistrat, finit-il par concéder. C'est en quelque sorte un rêve que je réalise aujourd'hui.» Épaulé par sa seconde épouse pour la gestion de son entreprise, le nouveau président du tribunal de commerce partage désormais son temps entre sa société, le tribunal, la fédération... et sa famille. «J'essaye de ne pas tout mélanger. À la demande de mon épouse, je ne travaille plus le week-end depuis quatre ou cinq ans. Cela me permet d'être plus disponible pour ma famille, notamment pour ma fille de 24 ans», explique-t-il timidement. Homme d'action et de terrain avant tout, Pierre Sibut croit beaucoup aux valeurs d'équité, de partage et de probité. «Tant que je suis utile et que je rends service, tout va bien!», affirme-t-il. À cinquante-trois ans tout juste, ce fumeur de cigares pourrait bien se lancer prochainement un nouveau défi. «La politique, aux niveaux local et régional, m'intéresse beaucoup...»