Photovoltaïque : L'Ouest veut sortir du «coma»
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Photovoltaïque : L'Ouest veut sortir du «coma»

«Notre message a été bien entendu. Une cinquantaine d'entreprises a déjà pris contact pour nous rejoindre. Il y a une véritable mobilisation générale», se félicite Pascal Quenea, dirigeant éponyme de la société de Carhaix (Finistère). Une entreprise membre du collectif SOL, avec cinq autres PME du Grand Ouest, pesant 100millions d'euros de CA pour 300 salariés. À l'origine de cette mobilisation, le décret suspendant pour trois mois l'obligation pour EDF de racheter l'énergie solaire aux conditions tarifaires actuelles. Le texte, qui concerne les installations produisant plus de 3kW mais exclut les particuliers, impose le gel des demandes de raccordement n'ayant pas fait l'objet d'un paiement d'acompte au 2décembre Devant l'explosion des projets, le gouvernement veut remettre à plat un système jugé trop coûteux.




Recours devant le Conseil d'État?

Le gouvernement a lancé le 20décembre des travaux de concertation, associant également les élus, les représentants des consommateurs et les organisations environnementales. Le décret a provoqué un tollé dans la profession qui estime être plongée «dans un coma artificiel.» Plusieurs associations ont annoncé leur intention de déposer des recours devant le Conseil d'État mais ce dernier n'en avait pas encore connaissance à l'heure où nous bouclions ces lignes, fin décembre. Les fondateurs de SOL Ouest dénoncent pour leur part une «punition collective». S'ils reconnaissent l'existence d'une bulle spéculative, ils la mettent au compte de «quelques gros opérateurs» utilisant des produits chinois. Les PME locales et régionales se trouvent en revanche dans une situation difficile puisque le décret entraînerait l'annulation immédiate de plus de 50% de leurs plans de charge pour le premier semestre 2011, avec toutes les conséquences envisageables sur l'emploi.




Priorité au non spéculatif

SOL Ouest demande que toutes les demandes formulées avant le 2décembre soient prises en compte, sans exigence d'une validation de devis et du paiement d'un acompte. En cas de projets trop nombreux, le collectif suggère d'accorder la priorité à des projets «non spéculatifs inférieurs à 250 KWc réalisés avec des produits européens affichant un bilan carbone.» À moyen terme, le collectif propose la mise en place d'une gouvernance de la filière et d'un système de régulation pérenne qui donnent une véritable visibilité aux acteurs du secteur, et introduit la notion de «régionalisation des tarifs».

Sol Ouest



Six fondateurs: Solewa (72), Quenea (29), EnergieBIO (56), IEL Energie (22), Armorgreen (35) et Briand Energies (85). @email

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