Philippe Frappart : Du safran made in Lorraine
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Philippe Frappart : Du safran made in Lorraine

Artisanat Suite à un licenciement économique, Philippe Frappart s'est lancé dans la culture de safran en créant, en juillet 2010, l'entreprise Safran de Lorraine.

Installé à Domgermain, Philippe Frappart a été animateur culturel, puis technico-commercial dans la sécurité incendie, avant de créer en juillet2010 sa propre entreprise, Safran de Lorraine. «Suite à un licenciement économique, j'ai eu envie de faire quelque chose des 2ha de terrains que je possède sur les contreforts du Toulois.» Sur une idée de sa compagne, Karine Roch, l'homme de 43ans décide de cultiver du safran. «C'est une fleur magique, mythique et mystique. Elle est stérile et compte trois étamines ornées de trois stigmates. Lesquels sont utilisés par l'homme pour la cuisine.» Celui qui se considère comme un jardinier et non un agriculteur, entame cet automne sa deuxième récolte. «Cette année, j'estime qu'il y a environ 250.000bulbes en terre sur 4.500m².»




L'investissement

Pour créer son entreprise individuelle, Philippe Frappart aura investi 20.000€. «Ce n'est pas très lourd. Et j'ai pu bénéficier d'aides diverses.» Ainsi, le jeune patron est suivi par l'Agence de développement Nancy Sud (ADSL) et a pu financer son projet grâce la Plateforme d'initiatives locales (Pfil) Sud Nancéien et à Toulois Initiative. «Grâce à ces aides, j'ai pu me lancer et réaliser mon rêve de vivre au rythme de la nature et du temps.»




Culture biologique

En cours de certification Ecocert, Philippe Frappart a pris le parti de produire et récolter son safran de manière manuelle et biologique. «Ce n'est pas un choix. Pour moi, c'est une évidence. Je suis né comme ça. Je trouve que c'est indispensable pour notre avenir. Quand je serais vieux, je veux pouvoir encore boire de l'eau du robinet.» Une philosophie qui a un coût, Philippe Frappart vendant son safran 30.000€ le kilo.




La récolte

Le safran est tiré du Crocus sativus, une espèce de plantes de la famille des iridaceae. Planté en août, il est récolté en automne, «de préférence à l'aube pour que les fleurs ne soient pas trop ouvertes». Et donc pas trop humides. «Il faut ramasser toutes les fleurs dans la même journée.» Sachant que la fleuraison s'étale sur un mois et demi-deux mois. «Dans la même journée, il faut émonder la plante pour récupérer les stigmates qui seront séchés dans un déshumidificateur où ils vont perdre 80% de leur poids.» Une fois ces opérations effectuées, le safran est conditionné dans des pots hermétiques et sera affiné pendant un mois et demi-deux mois.




L'avenir

Sachant qu'il faut entre deux et trois ans avant de «pouvoir sortir la tête de l'eau», Philippe Frappart ne tire pas de plan sur la comète. «À terme, j'aimerai pouvoir travailler avec Karine. Et que nous puissions vivre correctement de cette activité.» Laquelle se complète d'un peu de maraîchage. «Nos clients sont surtout les restaurateurs. Certains m'ont demandé si je vendais d'autres produits que le safran.» C'est ainsi qu'est née l'idée de cultiver des légumes. «Je suis parti sur de vieux légumes comme les tomates ananas, les carottes jaunes du Doubs, des haricots plus classiques... L'idée est de développer un peu plus cette activité.»

Safran de Lorraine

Tél.: 03 83 62 32 83 www.safrandelorraine.fr

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