«Ce qu'il faut comprendre lorsqu'on cherche à reprendre une entreprise, c'est que le choix ne vient pas de nous mais du cédant. C'est un processus de sélection. C'est le cédant qui accepte le repreneur suivant ses critères. Les autres critères passent au second plan», explique Éric Charroin. À 48 ans, il a été «choisi» par Claude Perrin pour lui succéder à la tête de l'entreprise de peinture en bâtiment créée par son arrière-grand-père. Depuis deux ans, Claude Perrin, 60 ans, avait fait valoir ses droits à la retraite, mais n'avait pas trouvé de repreneur. Depuis six mois c'est chose faite en la personne d'Éric Charroin. Mais l'ancien dirigeant reste dans l'entreprise pour une période de transition de deux ans. «Pour moi, cette période était indispensable, donc elle l'était aussi pour le cédant», analyse le repreneur. Même s'il concède qu'il n'est pas toujours facile de piloter en tandem. «Il faut travailler en bonne intelligence», note-t-il.
Ne pas être trop sélectif
Éric Charroin a vite trouvé chaussure à son pied. Il a démarré ses recherches en novembre2008 et a signé l'acte de reprise le 1ermai 2009. En moyenne, les recherches n'aboutissent qu'au bout de deux ans minimum. Pour le nouveau dirigeant, ce phénomène s'explique par l'attitude trop sélective des repreneurs. «Il ne faut pas se mettre des obstacles supplémentaires. Il y en a suffisamment avec les hésitations du vendeur», observe-t-il. Lui n'avait pas d'idée précise. Ancien directeur financier au sein de plusieurs entreprises, il se sentait généraliste et non spécialiste, sans secteur d'activité de prédilection. Démarrant sa quête en plein troubles financiers et économiques, Éric Charroin possédait tout de même quelques critères de sélection: «Je cherchais une entreprise exempte de crise. Je voulais vendre aux particuliers et je voulais un produit avec un cycle de vie assez long pour me mettre à l'abri des crises à cycle court». L'entreprise qu'il a reprise vend non seulement aux particuliers, mais à des particuliers aisés, peu ou pas touchés par la crise. Mais en cette période, Éric Charroin conseille aux repreneurs potentiels de compter sans l'aide des banquiers. «Il faut avoir soi-même les réponses à ses besoins financiers. Vos projets doivent être en rapport avec vos capacités réelles», insiste-t-il.
Après un licenciement économique, Éric Charroin décide de devenir son propre patron. Depuis mai2009, il est le repreneur de Peinture Birké, une petite entreprise de peinture en bâtiment, à Riedisheim.