Pays de la Loire : L’Aract explore le rapport au travail des moins de 30 ans

Pays de la Loire : L’Aract explore le rapport au travail des moins de 30 ans

Avec une étude en ligne auprès de 378 répondants, l’Association régionale de l’amélioration des conditions de travail a entamé un travail de fond pour définir le rapport au travail et à l’entreprise des 16-30 ans. C’est le prélude à une étude plus approfondie destinée à émettre des préconisations pour mieux les intégrer à l’entreprise.

« Nous cherchions un nouveau sujet d’études et je me suis souvenue de conversations avec des chefs d’entreprise me disant qu’ils avaient du mal à bien intégrer les moins de 30 ans arrivant dans leur entreprise, explique Hélène Baron, chargée de communication de l’Aract des Pays de Loire. C’est un sujet encore peu exploré et peu documenté. » Avec cette étude, menée par Claire Gautier, étudiante en Master 2 Métiers du diagnostic sociologique à Nantes, l’idée est donc de déterminer comment les jeunes des générations Y et Z voient leur travail, leur avenir dans leur entreprise et définissent leurs attentes en matière de management ou de reconnaissance de leur travail. « L’étude a été menée en ligne dans les Pays de la Loire auprès de jeunes qui travaillent, âgés de 16 à 30 ans, résume Claire Gautier. Ce n’est pas une étude classique à quota, c’est plutôt un point de départ pour déterminer les grands axes d’un travail sociologique approfondi que nous comptons mener par la suite. » Ce qui se dessine avec ces premiers résultats d’analyse de cette série de 34 questions à choix multiples, c’est d’abord que le travail n’est pas défini par les 378 répondants comme leur priorité dans leur vie : la famille arrive au premier rang de ces priorités. Un point dont semblent découler plusieurs évolutions du rapport au travail des 16-30 ans, même si le fait que 65 % des répondants soient des femmes (contre 35 % d’hommes) induit peut-être un biais, qui sera à étudier par la suite.




Entre épanouissement au travail et niveau de rémunération

Si l’on se penche sur les attentes de ces jeunes dans le travail, on se rend compte que l’épanouissement et la réalisation de soi arrivent en premier chez les femmes, suivis par la rémunération et par les relations humaines dans l’entreprise. Chez les hommes, la rémunération reste la priorité, suivie par l’épanouissement et la réalisation de soi et par les conditions de travail. Gaëlle Legeard, 28 ans et directrice d’un cabinet de conseil en évolution professionnelle à Angers, est l’une des répondantes de l’étude : « Je cherche d’abord un métier qui me correspond et m’intéresse vraiment. Je ne crois pas que ce soit seulement une question de génération, j’ai l’impression que c’est aussi une évolution plus générale de la société. » De la même façon, les attentes concernant les managers vont d’abord vers un besoin de reconnaissance de la qualité du travail bien fait (24 %), puis vers une demande de confiance dans le travail (15 %), une attention aux conditions de travail (14 %) et un développement des compétences (10 %).




Vers un management participatif

« La tendance qui se dégage, c’est un désir de management participatif, plutôt que directif, avec une valorisation de l’implication, une liberté dans la gestion de son travail et la possibilité de faire des propositions qui seront écoutées », décrit Claire Gautier. Pour Gaëlle Legeard, qui a vécu les deux types de management, pas question de revenir en arrière : « Dans mon ancienne entreprise, ma responsable était directive à l’excès et m’a ôté toute envie de rester, alors que le poste m’intéressait. Je le constate avec mon équipe actuelle, le mangement participatif est plus motivant, plus productif et facilite l’innovation. » Pour les entreprises, une évolution en profondeur pourrait donc être nécessaire pour garder ces jeunes au sein de leurs équipes. « Une chargée de recrutement me disait que les jeunes n’acceptent plus des conditions qui ne leur conviennent pas, ils préfèrent quitter leur entreprise, raconte Hélène Baron. La reconnaissance dans le travail, le développement des compétences et l’évolution dans le travail ressortent comme des points essentiels des attentes des jeunes actifs. Si les managers et les entreprises ne s’y adaptent pas, elles ne retiendront plus leurs recrues. » Ce désir d’évolution des techniques de management se retrouve d’ailleurs dans d’autres études menées sur d’autres générations : il s’agit donc plutôt d’attentes intergénérationnelles, ce qui rend d’autant plus nécessaires ces changements. « Une fois l’étude complétée et approfondie, l’Aract pourra faire son travail d’accompagnement des entreprises et leur proposer des préconisations et des plans d’action concrets », conclut Hélène Baron.