« J’ai fait l’objet de sollicitations dans la région et à Paris… En provenance de l’UMP, de l’UDI ou encore de la société civile. Les chefs d’entreprises ont ainsi été les premiers à me parler des élections ». En officialisant sa candidature aux élections régionales prévues fin 2015, Bruno Retailleau n’a pas caché les multiples invitations reçues pour endosser la tête de la liste UMP en Pays de la Loire.
Répondant aux questions des journalistes, lors d'un point presse organisé dans un café du centre-ville de Nantes le 6 janvier, le président du conseil général de la Vendée est revenu sur les raisons de son engagement.
Parmi les appels du pied reçus, celui d'un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier. « Bruno, c’est toi qu’il nous faut ! » , réclamait ce dernier lors de ses vœux de bonne année. « Il dispose d'une aura et d'une forte notoriété. Parmi les candidats potentiels, c'est celui qui est le plus capable de mobiliser l'électorat de droite dans la région», explique le conseiller régional et patron de l’UMP en Loire-Atlantique, François Pinte, qui fait partie des politiques à l'avoir solliciter pour prendre le leadership.
D'autres figures régionales comme le député angevin Marc Laffineur, un temps intéressé, ont préféré se ranger derrière lui afin de lui apporter leur soutien. Le maire d'Angers, Christophe Béchu, l'ancien premier ministre et Sarthois François Fillon, ou encore Nicolas Sarkozy l'appuient également.
Rassembler pour ne pas revivre l'échec de 2004
« J'ai pris ma décision en voyant que ma candidature pouvait rassembler dans ma propre famille politique, l'UMP, et même au-delà, explique Bruno Retailleau. Lors de la défaite de 2004, la droite n'était pas unie, il faut en tirer les leçons.»
Son cheval de bataille sera de lutter « contre le chômage ». L'ancien président de Vendée Expansion, impliqué de longue date en matière de développement économique, souligne que se combat se mènera de plus en plus au niveau régional. D'autant que la réforme territoriale en cours devrait confier aux Régions «l’essentiel des leviers économiques, comme les aides aux entreprises, les investissements d’avenir, la formation des Hommes ou l’attribution des fonds européens».
« Région en perte d'influence »
S'il ne critique pas ouvertement Jacques Auxiette, pour qu'il affirme avoir du respect et une certaine estime, le Vendéen dresse toutefois un constat noir de la situation locale. « Tous nos indicateurs économiques plongent dans le rouge, du chômage à l’endettement régional, et beaucoup de nos grands projets sont à l’arrêt faute d’être suffisamment défendus à Paris, comme Notre Dame des Landes », décrit-il.
Pour lui, le territoire doit mieux se faire entendre. Pire, il aurait même subi une perte d’influence. « La région ne doit pas être une zone tampon entre la Bretagne de Jean-Yves le Drian et le Poitou-Charente de Ségolène Royal», a-t-il déclaré.
.Bruno Retailleau quittera la présidence de la Vendée
Une candidature en forme de double décision, puisque le candidat UMP ne briguera pas un nouveau mandat au conseil général de la Vendée. Décision qu'il qualifie «d'arrachement», qu'il justifie pour des raisons de transparence et d’éthique vis-à-vis des Vendéens. «Je ne me voyais pas me présenter pour leur dire quelques temps après : Ciao !», explique-t-il.
De quoi faire réagir, Philippe de Villiers ex-figure tutélaire de Bruno Retailleau. « La preuve est faite que la Vendée n’était, pour mon successeur, qu’un tremplin (…) , a-t-il publié sur son site internet. Il avait juré fidélité aux Vendéens : la Vendée d’abord . Aujourd’hui, c’est la carrière d’abord (...) Trahir un jour, trahir toujours. » Et son ancien compagnon de route de répondre : Je ne suis ni dans l’amertume , ni dans la haine. Je ne veux pas perdre d’énergie dans ce genre de querelles.
Prochaines étapes pour Bruno Retailleau, les négociations avec l'UDI et l'élaboration d'un programme. En attendant de savoir quels seront ses adversaires.