Il voulait être prof de gym car passionné de course à pied, de ski de fond et de vélo, puis architecte, mais c'est finalement dans la menuiserie aluminium que Patrick Bouchet a fait carrière. Et plutôt une belle carrière d'ailleurs! À 44 ans, il est en effet à la tête du groupe stéphanois BRP, une holding regroupant 5 PME du BTP: Batim'Alu, Profil'Espace, Techni.fer, Techn'open et Aqua'tech. Soit un chiffre d'affaires global de près de 7M€ pour un effectif de 43 salariés.
La menuiserie aluminium par hasard
Pourtant, c'est vraiment par hasard, qu'il s'est lancé dans la menuiserie aluminium. Après un concours raté pour être prof de gym, il avait bifurqué vers l'école d'architecture. «Je dessinais, je construisais des petites cabanes dans les bois. Cela me passionnait. Mais mes enseignants ont estimé que j'étais trop technicien et pas assez créatif! Bref, je n'ai qu'un seul regret dans ma vie, c'est celui de ne pas être architecte» raconte-t-il, un brin nostalgique. Nostalgie qui le reprend de plus belle lorsqu'il évoque l'armée... Très sympathique, particulièrement chaleureux et souriant, le patron semble aux antipodes du milieu militaire. Et pourtant, il avoue avoir adoré cette période de sa vie. La sonnerie de son téléphone portable, un son de clairon dans toute sa splendeur, confirme ses dires. Celui qui, paradoxalement, affirme détester l'ordre et les relations conflictuelles, à tel point qu'il anticipe aujourd'hui les demandes d'augmentations de ses salariés, a même songé très sérieusement à s'engager. «C'est vrai que je déteste recevoir des ordres, je préfère les donner», sourit-il «mais justement j'avais fait en sorte de ne pas faire mon armée comme seconde classe. Quant aux situations conflictuelles, l'armée est la première école de management de France. On y apprend à désamorcer les conflits». 15 jours avant de partir définitivement, il rencontre sa future épouse qui lui demande de choisir...
Le plus important : la famille
Son père, directeur administratif et financier dans une entreprise d'électricité lui propose alors de l'accompagner dans une entreprise de menuiserie alu avec laquelle il traitait. «Cela m'a tout de suite emballé. J'ai immédiatement embrayé sur un CAP. Et à partir de là, j'ai tout mis en oeuvre pour créer ma société. Je me suis senti prêt à 23 ans. J'ai eu la chance énorme d'être suivi par mon père». Des années plus tard, il répercute ce que son père a fait pour lui en accompagnant de jeunes entrepreneurs. Comme élu CCI sous l'ère André Laurent, par exemple, en mettant au point avec Dominique Jaboulay et Jean-Claude Fuchs le dossier guide du label ?Entreprendre en France?. Ou dans sa propre entreprise en soutenant des porteurs de projets. Président d'Handiloire, club d'entreprises du Medef pour la promotion du handicap dans l'entreprise, président Loire de l'association pour le progrès du management, il promeut un nouveau système de management. Plus humain, plus attentif au bien-être des salariés. Une vision dictée par l'obtention de meilleurs résultats économiques, «être bien pour bien travailler», mais aussi, et surtout par une philosophie générale de vie. «L'homme n'est pas fait pour travailler. Alors, il faut rendre le travail plus agréableet ne pas perdre de vue l'essentiel». Et pour Patrick Bouchet, l'essentiel est, sans conteste, sa famille. «Le sport du chef d'entreprise, c'est de gagner toujours plus d'argent. Mais le plus important dans la vie, c'est sa famille. J'adore mon travail, mais je suis conscient que ce n'est qu'un moyen de vivre. Je crois que certains l'oublient!»
Amateur de défis en permanence renouvelés, le patron du groupe BRP (Batim'Alu) à Saint-Étienne, Patrick Bouchet, s'est fixé comme priorité de s'investir pour les autres. Sans prétention, il promeut un management plus humain.
Stéphanie Gallo