Pas de temps pourles discussions stériles

Pas de temps pourles discussions stériles

L'heure est grave. Vendredi 9septembre, 9h30, dans l'immense salle du conseil régional Rhône-Alpes, ils sont venus, ils sont tous là. À l'invitation de Jean-Jack Queyranne, président de l'instance régionale, les collectivités, les branches professionnelles, les partenaires sociaux se sont donné rendez-vous pour parler des entreprises et de la crise qui les attend. L'intitulé du communiqué m'incite à affûter mon crayon: "Conférence pour le financement de l'économie régionale en soutien à l'activité économique et à l'emploi". Beau programme en perspective. Chacun prend place dans les confortables fauteuils de la Région. Les prises de parole se succèdent. François Gaudichet, directeur régional de la Banque de France, dresse un état de l'origine de la crise et de la bulle financière. Jean-François Debat, vice-président de la Région délégué aux Finances et à la Décentralisation, accable le gouvernement de tous les maux économiques actuels. Jean-Jack Queyranne rappelle à qui serait passé au travers de l'information que Rhône-Alpes représente un quart de la sous-traitance industrielle française. Le clou du spectacle revient à Christine Canale, une des responsables de l'Union régionale de la CGT qui parle au nom des sept syndicats salariaux. Un discours revendicatif de près de 25 minutes achève l'assemblée: Jean-Jack Queyranne feuillette les dossiers de sa prochaine réunion, François Gaudichet est perdu dans ses pensées, Bruno Lacroix reste les bras croisés et le regard vide, Jean-Louis Gagnaire pianote sur son smartphone, l'animateur regarde sa montre, les discussions commencent à fuser de part et d'autre de la grande salle des délibérations. 11h20. Mes camarades journalistes ont quitté la conférence. Je jette le stylo à mon tour, alors que les discours se poursuivent, et je plie bagage. Ce n'est encore pas cette fois que j'entendrai des mesures vraiment utiles aux entreprises. Car dans cet hémicycle de notables, les chefs d'entreprise se font rares. Normal me direz-vous, ils ont une crise à gérer, des marchés à conquérir, des salaires à assurer à la fin du mois. Ils n'ont pas de temps pour les discussions stériles. Eux! @email

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