À l'occasion de l'ouverture d'un casier « amiante lié » dans son centre de traitement de Montmirail, NCI environnement, filiale du groupe Paprec, a développé une offre tarifaire adaptée à un nouveau segment de marché, les anciens bâtiments d'élevage. Le groupe s'intéresse au recyclage des déchets du bâtiment depuis le début des années 2000 : les déchets du BTP représentent un gisement total de 254millions de tonnes en France, soit dix fois plus que les déchets ménagers. Pour le P-dg fondateur de Paprec Group, Jean-Luc Petithuguenin, le potentiel lié aux élevages sarthois serait de 3.000 tonnes par an sur les 110.000 traitées par le site Montmirail, et le gisement potentiel total de 50.000 tonnes. « Il s'agit d'une démarche gagnant-gagnant », explique le dirigeant. Il propose, pour six ans, une réduction de 50 % sur le traitement hors taxes soit 40euros plus 20euros de taxe contre 80euros plus 20euros habituellement. L'offre est signée avec la Cafel (Coopérative agricole des Fermiers de Loué) qui s'est associée au projet pour initier la filière d'élimination des déchets d'« amiante lié ». NCI Environnement pourra à l'avenir négocier le même dispositif avec l'ensemble de la profession agricole dans le cadre de protocoles spécifiques.
La Sarthe, pionnière de la déconstruction
Le premier site concerné sera celui de Montmirail. Terre d'élevage, la Sarthe compte en effet un certain nombre de bâtiments désaffectés. Or, les structures construites avant 1997 comportent des toitures et des parois en fibrociments. Matériaux sans risque pour la santé humaine et l'environnement tant qu'ils conservent leur intégrité, ils deviennent déchets dangereux lorsqu'ils sont ébréchés, cassés ou broyés ce qui se produit par exemple lorsqu'un bâtiment laissé à l'abandon s'effondre. Les matériaux en amiante-ciment doivent être évacués et éliminés dans des installations spécialement autorisées. Cela accroît le coût de mise en décharge, sachant qu'un bâtiment d'élevage représente environ 20 tonnes de déchets amiantés. C'est pourquoi Paprec a répondu favorablement à l'appel du préfet de la Sarthe qui souhaitait réduire les coûts pour les éleveurs. Le département est par ailleurs à la recherche de lieux pour implanter de nouveaux bâtiments, notamment en production de volailles. Et, construire sur un site auparavant occupé par une production similaire permet d'une part de réduire la consommation de terre agricole, d'autre part d'améliorer l'acceptation de la production par le voisinage.
350 bâtiments sur 10 ans
Le plan de déconstruction envisagé prévoit 15 bâtiments pour les trois premières années, 30 pour les deux années suivantes puis 50 par an, soit plus de 350 bâtiments sur 10 ans. La Chambre d'agriculture de la Sarthe accompagnera les agriculteurs qui souhaiteront suivre les Fermiers de Loué. Reconnaissant l'intérêt de cette démarche pilote, le Ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll a même fait le déplacement en Sarthe pour signer la charte pour la déconstruction des bâtiments d'élevage avec Jean-Luc Petithuguenin, Alain Allinant (Cafel) et Jean-Loïc Landrein (Chambre d'agriculture). Le ministère de l'Agriculture devrait prochainement adresser une circulaire à toutes les préfectures pour les inciter à conclure localement de tels accords.
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