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Papeterie Condat : pourquoi la direction réclame le redressement judiciaire avant la vente
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Papeterie Condat : pourquoi la direction réclame le redressement judiciaire avant la vente

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Tout juste mis en vente, le papetier Condat réclame un "accompagnement" du tribunal de commerce de Bordeaux pour l’aider à chercher des repreneurs. La direction entend se placer "dans la meilleure configuration financière et juridique possible" en sollicitant l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire.

La papeterie Condat au Lardin-Saint-Lazare (Dordogne), qui emploie encore 220 personnes, est officiellement en vente depuis le 13 octobre 2025 — Photo : Papeterie de Condat

"Aujourd’hui, la priorité est de se mettre dans la meilleure configuration financière et juridique possible afin de concrétiser les offres de reprise" : c’est en ces termes que la direction de la papeterie Condat justifie sa demande auprès du tribunal de commerce de Bordeaux. Alors que la mise en vente du site au Lardin-Saint-Lazare (Dordogne) a été annoncée le 13 octobre 2025 lors d’un CSE extraordinaireardemment réclamée par les salariés et élus locaux — la direction explique souhaiter l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire pour geler temporairement son endettement et accompagner au mieux sa recherche de repreneurs avec l’aide du tribunal.

Poursuite de l’activité

Concrètement, une procédure de redressement judiciaire permettrait à l’entreprise (220 salariés, 100 M€ de CA estimés en 2025) de geler les dettes contractées antérieurement à l’ouverture de la procédure (portées à 80 % par son actionnaire, premier créancier du groupe) afin de préserver sa trésorerie le temps de la recherche. "L’entreprise continue bien sûr à payer les salaires de ses collaborateurs et réglera à nouveau normalement les factures fournisseurs postérieures à l’ouverture", précise-t-elle dans un communiqué.

Durant la procédure, l’activité de Condat se poursuit "normalement avec la même direction" désormais renforcée par le nouveau président Dominique Bernard, présenté comme "spécialiste des situations complexes".

"Nous serons pleinement mobilisés au cours des prochaines semaines et mois"

"Nous serons pleinement mobilisés au cours des prochaines semaines et mois afin d’étudier toutes les solutions de reprise possibles, affirme la direction. Le site de 26 hectares dispose d’atouts importants : la ligne de production pour papiers spéciaux a été entièrement modernisée après plus de 150 millions d’euros d’investissements depuis 2019, la chaudière CSR est opérationnelle depuis février 2025 et permet d’importantes économies de coûts carbone et électricité, et les équipes possèdent un savoir-faire technique reconnu."

Des premières pistes

Preuves que la mariée a de quoi plaire, des pistes seraient déjà à l’étude. "Une banque d’affaires spécialisée dans le secteur de la papeterie a été mandatée et a déjà reçu des marques d’intérêt", affirme la direction de Condat.

Le président de la région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset avait glissé lors de sa réunion de rentrée en septembre espérer un repreneur industriel "qui travaille sur la glassine". C’est la spécialité du site périgourdin, destinée à la réalisation d’étiquettes autoadhésives pouvant notamment servir à l’étiquetage de colis.

237 millions d’euros mais des "crises successives"

Malgré les 237 millions d’euros au total injectés par son actionnaire depuis 2019 - le groupe hispano-britannique Lecta -, Condat fait face à des difficultés financières qui ont conduit à un vaste plan social en 2023. La direction pointe "la mutation du marché européen" et des "crises successives, avec notamment l’augmentation de l’énergie et l’impact récent de la hausse des droits de douane aux États-Unis".

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