L’inauguration a eu lieu, les réaménagements intérieurs ne sont pas encore terminés. Panem International (CA : 14,2 M€, 80 salariés), fabricant d’équipements pour la boulangerie et l’industrie agroalimentaire, s’est agrandi de 3 000 m2, pour plus de six millions d’euros, portant à 12 000 m2 ses installations industrielles à La Crèche (Deux-Sèvres). Environ trois millions d’euros ont été consacrés aux murs, autant pour l’acquisition de nouvelles machines, plus 275 000 euros pour des panneaux photovoltaïques sur le toit. Deux tiers de la surface sont dédiés à l’activité tôlerie, avec une ligne entièrement neuve. Un tiers accueille l’atelier de collage (presses, encolleuse, centre d’usinage mousse, etc.).
Objectif : 20 millions d’euros
Le chantier avait été lancé en 2023. "Décider d’investir 6 millions d’euros quand on a un chiffre d’affaires de 12 millions (à l’époque), ce n’est pas commun", commente Yves Collen, président de Panem International. Mais cette décision était justifiée par de belles perspectives pour les trois secteurs d’activité de la PME, qui ambitionne d’atteindre les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici trois à cinq ans.
Le brevet qui a fait dormir les boulangers
Créée en 1969 sous le nom de Sepco, l’entreprise a bâti sa renommée grâce au brevet mondial portant sur un procédé de contrôle de fermentation du pain. Ces machines "ont permis aux boulangers de pouvoir aller dormir grâce à cette maîtrise de la pousse du pain avant cuisson", explique Yves Collen. Après une première vie à succès et jusqu’à 250 salariés, le frigoriste a connu des difficultés, une liquidation en 1996 puis un redémarrage sous son nouveau nom, après une reprise par d’anciens cadres, conduits par Serge Valadou. Anciens cadres également, Yves Collen et son associé Christophe Batanero, sont montés progressivement au capital pour une transmission en douceur cette fois, en 2025.
La surgélation industrielle, principal axe de croissance
Panem International compte aujourd’hui trois branches. La fabrication de cellules de contrôle de fermentation représente toujours plus de la moitié du chiffre d’affaires. Mais depuis que le brevet est tombé dans le domaine public, il faut composer avec la concurrence. La surgélation industrielle constitue la deuxième spécialité, et c’est elle qui porte le principal axe de développement. "Nous touchons d’autres marchés que la boulangerie, principalement l’agroalimentaire, mais aussi les laboratoires d’analyses", détaille le dirigeant. Cette fois, les acteurs sont des poids lourds du secteur.
Le dernier volet, également riche en promesses de croissance, est celui des vitrines réfrigérées sur mesure en magasin. Ce créneau reste ciblé : concurrencé par les artisans locaux (pour des boulangeries) ou trop haut de gamme pour certaines chaînes, il trouve son chemin notamment auprès de GMS.
Les nouveaux équipements ne sont pas destinés à créer une nouvelle activité, mais à accroître et élargir ces productions existantes. D’une part, des machines vieillissantes ont été remplacées par de plus performantes, pour améliorer la productivité, et d’autre part, de nouvelles machines apportent des capacités supplémentaires (par exemple, une plieuse 4 mètres, contre 3 mètres avant). Ainsi armé, Panem International compte séduire ses clients, dont ils ont acquis la confiance pour de plus petites installations. "Notre extension crée déjà une dynamique, nous augmentons notre réalisation commerciale", constate le dirigeant.
Cette croissance organique sera également portée par l’export. La PME s’appuie 70 à 100 importateurs-distributeurs à l’étranger (et une soixantaine de clients distributeurs en France). L’export compte pour 41 % du chiffre d’affaires et Yves Pallen espère atteindre 50 % dans les 3 à 5 ans. Un rêve soumis aux évolutions plus qu’aléatoires des politiques économiques internationales.
Structuration interne
Ces prochaines années vont être consacrées à ce développement commercial, ainsi qu’à renforcer l’innovation et l’amélioration continue. Plusieurs projets sont à finaliser en ce sens : la structuration d’une zone de recettage, pour que les clients puissent tester des machines ; celle d’une zone de retrofit (reconditionnement) d’anciennes machines ; ainsi que la création d’un fab-lab, entre autres.
"Avec cet équipement, nous sommes calibrés pour monter jusqu’à 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, si l’activité commerciale le permet", conclut le dirigeant.