Paca : «Une année délicate pour les entreprises»
# Conjoncture

Paca : «Une année délicate pour les entreprises»

La direction Paca de la Banque de France a présenté fin février, à Marseille, l'état des lieux économique des entreprises régionales. Ainsi, après une année 2008 freinée dans son développement par la crise du 4e trimestre, 2009 s'annonce résolument difficile.

Bernard Gamel, directeur régional Paca de la Banque de France, ne le nie pas: «Nous sommes bien dans une crise généralisée, une situation dramatique pour beaucoup d'entreprises». Ainsi, selon une enquête menée en janvier dernier par l'institution bancaire sur un échantillon de près de 1.000 entreprises, représentant 30milliards d'euros de CA et 147.000 salariés, l'élan de l'économie régionale a bel et bien été freiné par le retournement conjoncturel du 4e trimestre 2008. «La région était bien partie, avant la cassure de septembre, estime Sylvain Carrere-Gee, secrétaire régional de la Banque de France. Ce qui explique des chiffres 2008 en demi-teinte, et l'important écart entre les prévisions des chefs d'entreprises et ce qui a effectivement été réalisé en fin d'année...»




Des CA loin des attentes des dirigeants

Ainsi, les chiffres d'affaires des différents secteurs d'activités n'ont pas été à la hauteur des attentes des chefs d'entreprises locaux, à l'exception du BTP, qui affiche néanmoins une forte décélération de son rythme de croissance. Autre effet de la sinistrose ambiante: le net décrochage en terme d'utilisation des capacités de production dans l'industrie régionale, qui pèse tout naturellement sur les dépenses d'investissements (- 13%). Côté emploi, le bilan est plus contrasté, avec un effritement dans l'industrie (- 1,1%) et un mouvement de créations maintenu dans les services (+3,7%) et le BTP (+4,4%). Dans ce contexte, pour Sylvain Carrere-Gee, l'année 2009 s'annonce «délicate» pour les entreprises locales: «L'enquête prévoit un recul significatif des chiffres d'affaires, de l'ordre de - 7% pour l'industrie et de - 6% pour le BTP. Le secteur des services devrait quant à lui rester stable». Conséquences directes de ce phénomène: un repli prévu de l'emploi par les chefs d'entreprises, ainsi que des dépenses d'équipements en recul de 11% dans l'industrie, de 31% dans les services et de 37% dans le BTP. Pourtant, selon Bernard Gamel, il existe aujourd'hui des raisons d'espérer. «Il y a de bonnes nouvelles. Des mesures ont été prises, notamment en faveur des banques. Car des entreprises en difficulté ne peuvent pas être aidées par des banques en difficulté. Il faut que la confiance reprenne... » Dans cette attente, le médiateur du crédit local a traité, entre novembre2008 et février2009, plus de 160 demandes d'entreprises, dont 75% positivement.

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