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Ouest Boissons poursuit son plan de transformation
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Ouest Boissons poursuit son plan de transformation

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Ouest Boissons accélère la transformation de son outil logistique avec 4,5 millions d’euros investis à Auray. Le distributeur breton de boissons pour les CHR modernise ses dépôts pour accompagner sa croissance régionale, améliorer les conditions de travail et renforcer son maillage territorial.

Emilie Beaulieu, directrice générale, Frédéric Pouliquen Maud Lemoine, directrice générale de Ouest Boissons dans le Morbihan, ont piloté l’importante transformation du dépôt d’Auray — Photo : Ségolène Mahias

Depuis plusieurs années, Ouest Boissons mène une profonde transformation de son outil logistique afin d’accompagner sa croissance régionale et d’améliorer les conditions de travail de ses équipes. Le distributeur indépendant de boissons pour les cafés, hôtels et restaurants (CHR) vient d’achever la rénovation complète de son site stratégique d’Auray et siège social, un chantier à 4,5 millions d’euros, emblématique d’un plan plus global engagé sur l’ensemble de ses implantations.

"Parce qu’en fait le bâtiment d’ici, c’est finalement une partie d’un plan complet de transformation", explique Frédéric Pouliquen, président de Ouest Boissons. "Il y a eu une première phase de développement commercial, puis on s’est rendu compte qu’il fallait complètement repenser nos outils de travail."

L’entreprise, qui emploie 375 salariés en CDI, soit environ 410 équivalents temps plein avec les saisonniers, pour un chiffre d’affaires global de 120 millions d’euros, couvre aujourd’hui une large partie de la Bretagne, des Pays de la Loire hors Vendée ainsi qu’une partie de l’Orne. Son modèle repose sur une forte proximité logistique avec ses clients CHR, grâce à un maillage territorial dense.

Un vaste plan de transformation

À l’origine, la stratégie du groupe reposait principalement sur la croissance commerciale et l’ouverture de nouveaux territoires. Ouest Boissons a ainsi créé plusieurs dépôts dans des zones où aucun bâtiment adapté n’était disponible, notamment à Châteaulin, Saint-Malo, Lamballe ou Nantes.

"Dans notre métier, nous avions plutôt l’habitude d’acheter de vieux bâtiments et de composer avec", raconte Frédéric Pouliquen. "Lorsque nous avons construit notre premier entrepôt neuf à Châteaulin, nous nous sommes rendu compte que, pour pas beaucoup plus cher, on transformait complètement les conditions de travail. Ça a été un déclic."

Ce constat a conduit l’entreprise à lancer un vaste plan de modernisation de ses infrastructures. Le site d’Auray, historique dépôt de distribution vieux de 70 ans, en est aujourd’hui l’exemple le plus spectaculaire.

Des investissements structurants

Le chantier d’Auray représente à lui seul un investissement de 4,5 millions d’euros. Particularité du projet : les travaux ont été réalisés sans interruption de l’activité.

"Nous avons demandé à notre partenaire construction si on pouvait reconstruire le site tout en continuant à travailler. Finalement, on a mené deux grandes phases de travaux sur deux hivers", explique le dirigeant.

Le week-end de Pâques 2025 a marqué une étape décisive avec le transfert complet des marchandises vers le nouveau bâtiment. "On a déplacé 14 000 fûts, 25 000 caisses et 77 000 cartons, soit plus de 1 300 tonnes de marchandises. Tous les salariés sont venus aider sur le week-end."

Le nouveau dépôt a été conçu pour fluidifier l’activité et absorber les pics saisonniers. Ouest Boissons peut désormais gérer jusqu’à 23 tournées quotidiennes sur certaines journées estivales. L’entreprise a également investi dans des équipements électriques et une organisation logistique entièrement repensée.

Le prochain grand chantier concerne Pontivy, où un nouvel entrepôt de plus de 2 000 m² doit ouvrir début 2027 pour un investissement avoisinant 1,8 million d’euros.

Miser sur les territoires de croissance

Si le Morbihan constitue historiquement l’un de ses bastions, Ouest Boissons concentre désormais une partie importante de son développement sur des territoires où ses parts de marché restent encore faibles.

Le groupe mise notamment sur le Finistère et les Côtes-d’Armor, où il dispose encore d’importantes marges de progression. "Dans le Morbihan, on a une grosse part de marché. Mais dans le Finistère, on est encore autour de 6 %. Ce sont des zones où on est challenger et où on peut continuer à gagner des clients", souligne Frédéric Pouliquen.

L’entreprise cherche aussi à renforcer ses positions dans plusieurs villes moyennes et zones littorales dynamiques, notamment autour de Rennes, Nantes, Saint-Malo, Lorient ou encore Châteaulin. Le dirigeant insiste particulièrement sur le potentiel des créations d’établissements dans les métropoles régionales et leurs périphéries. "Aujourd’hui, il y a encore beaucoup de créations de bars, restaurants et caves."

Le maillage logistique constitue justement l’un des principaux leviers de cette stratégie de conquête. Ouest Boissons revendique aujourd’hui 97 % de ses clients situés à moins d’une heure d’un dépôt. "Notre objectif, c’était d’avoir le moins de zones blanches possibles à plus d’une heure. Maintenant, on a les infrastructures pour continuer à nous développer."

Le groupe conserve toutefois une logique de proximité territoriale plutôt qu’une centralisation massive. "On pourrait probablement réduire certains coûts avec un seul grand dépôt, mais ce n’est pas notre choix. On veut garder une vraie proximité avec nos clients."

Miser sur les conditions de travail

Au-delà de la performance logistique, Ouest Boissons assume une stratégie centrée sur les conditions de travail et la fidélisation des salariés dans un secteur confronté à des difficultés de recrutement. "Notre objectif principal n’était pas forcément d’augmenter la rentabilité. Nous voulions surtout travailler plus sereinement", souligne Frédéric Pouliquen.

Les gains organisationnels sont déjà visibles. "Auparavant, les chauffeurs terminaient parfois à 18 h 30. Maintenant, même pendant la grosse saison, personne ne finit après 16 h 30."

Le dirigeant insiste aussi sur l’évolution du métier. En vingt ans, le nombre de références traitées par l’entreprise est passé d’environ 1 400 à près de 5 000 aujourd’hui, conséquence directe de la diversification croissante du marché des boissons. "Le marché demande énormément plus de références. Pour être capables de préparer autant de produits sans erreur, il fallait transformer complètement nos outils."

Un marché sous tension

Si Ouest Boissons affiche une activité dynamique, son président reste prudent sur la situation économique du secteur CHR.

"Le marché de la restauration a toujours été résilient, mais aujourd’hui ce qui m’inquiète surtout, ce sont nos clients", confie-t-il. Selon lui, les restaurateurs et cafetiers subissent encore les conséquences du Covid, de l’inflation énergétique et alimentaire, de la hausse des salaires et des nouveaux modes de consommation liés notamment au télétravail.

"Beaucoup de restaurateurs me disent qu’ils font plus de chiffre d’affaires mais avec moins de trésorerie. Les marges n’ont jamais été aussi serrées."

Malgré ce contexte, Ouest Boissons a enregistré une croissance de près de 9 % l’an dernier, portée notamment par une météo favorable et par le développement de ses nouvelles zones d’implantation en Ille-et-Vilaine et sur la région nantaise notamment.

Frédéric Pouliquen affirme vouloir préserver l’identité régionale et indépendante du groupe. "Je crois beaucoup au modèle du challenger régional fort. Je n’ai pas envie d’une structure nationale où l’on perd l’ADN et l’engagement des équipes."

Après Pontivy, le groupe n’envisage pas de nouvelle expansion géographique majeure à court terme, mais reste attentif aux évolutions du secteur, marqué par les départs à la retraite de nombreux distributeurs indépendants.

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