«Le développement durable chez Leclerc, c'est d'abord une impulsion qui vient de l'enseigne. C'est une initiative de Michel-Édouard Leclerc, qui dans les années 90 a décidé de de supprimer les sacs de caisse. Il y a ceux qui l'ont appliquée par respect pour les décisions nationales et ceux qui l'ont fait pas conviction. Nous faisons partie de ces derniers.» «Nous avons donc abondé dans ce sens. On a commencé à valoriser nos déchets à partir de 1997, 1998. Aujourd'hui, on en a 37 tris différents. Chaque produit fait l'objet d'une filière de valorisation. Nous avons des tableaux de bord pour suivre les prix du carton, etc. Le gros du travail initial a été de sensibiliser les équipes.»
Responsabilité sociétale de l'entreprise
«Nous avons aussi très tôt fait appel à une professionnelle, Stéphanie Racassa, une ingénieure qualité parce que le sujet était trop sérieux pour ne pas le confier à des pros. Et ils n'étaient pas nombreux à l'époque! Elle a servi de relais. Car les idées viennent souvent des salariés.» «Quand l'entreprise a grandi (225 salariés aujourd'hui), on a pu faire des investissements comme un système de récupération d'eau fluviale ou de production photovoltaïque. Aujourd'hui, on vend l'électricité à EDF et on a réduit notre consommation d'eau au minimum: 5.930 m3 en ce moment contre 6.819 m3 en 2006, alors qu'il y avait 30% de salariés en moins.» «Toutes ces économies sont reversées aux salariés à hauteur de 25% via des intéressements et des participations au bénéfice de l'entreprise.On gagne ensemble.» «Bien sûr, on mène des actions avec des hauts et des bas. Certaines années, on fait moins que d'autres. Mais l'idée est de ne pas vivre sur nos acquis. En 2012, on essaye de passer un nouveau cap avec une démarche ISO 26.000: la responsabilité sociétal de l'entreprise (RSE). Une norme reconnue par l'Unesco, l'ONU. Pas d'organisme certificateur à payer. Vous êtes responsables de ce que vous dites et faites.» «Le développement durable est obsolète. On est passé à la RSE car l'entreprise s'inscrit dans un territoire, un environnement.»
«On "japonise"»
«On vit dans un monde où l'offre est inférieure à la demande Il n'y a pas assez de ressources naturelles. Alors on fait quoi? On continue comme cela où on réfléchit à d'autres scénarrii? En tant que chef d'entreprise, j'ai des leviers, petits, mais des leviers que je peux actionner. Modestement, à notre niveau, on va intégrer les questions relatives aux consommateurs, faire travailler les gens du coin, etc. Par exemple, on a déjà changé de banque. Nous avons choisi une locale qui n'est pas cotée en Bourse.» «On n'invente rien, on regarde ce qui se fait ailleurs et on "japonise". On se contente d'agglomérer les bonnes idées. Par exemple, quand on a décidé de refaire le parking, on a donné un cahier des charges très précis au maître d'oeuvre. On voulait un enrobé qui ne soit pas dangereux pour les gens qui travaillent dessus. Or, il existe un enrobé à froid qui est moins polluant. Oui, il est plus difficile à poser, plus cher, et alors?» «Même chose pour l'extension de 3.000m² pour le drive qui ouvrira en 2013. Dans le cahier des charges, l'architecte doit trouver des solutions pour que le bâtiment ne soit pas relié aux réseaux eau et EDF. Et mes salariés doivent pouvoir y voir clair sans allumer la lumière.» «Pour les employés, nous avons aussi un kiné. Ils peuvent le consulter tous les jeudis, sur le temps de travail. Il y a une salle avec des ballons pour les exercices. Il vient les voir sur leur poste, donne des conseils. Il se trouve que cet ancien kiné du Stade Rennais s'est installé à Pont l'Abbé. Le magasin a un taux d'accident de travail anormalement bas par rapport au secteur. Est-ce que c'est lié? Je ne sais pas. Je ne cherche pas de réponses.»
Dix voitures électriques en 2013
«Depuis deux ans, on développe aussi un projet véhicules électriques. C'est long. On est déjà équipé de sept bornes. On peut y brancher 14 véhicules. Il y a deux ans, au salon de l'auto à Paris, on m'a dit: "C'est trop tôt". Cette année, celle que je veux, la Renault Zoé, n'est pas encore commercialisée.» «En attendant, Renault me met à disposition deux Fluence électriques pour mes cadres. Nous avons aussi deux Renault Twizy (deux places) que les clients peuvent louer à la journée ou à la demi-journée. Deux autres arriveront fin septembre. L'objectif est d'avoir, au premier trimestre 2013 un parc de dix Zoé pour les cadres. L'intérêt, c'est la défiscalisation, il y a des aides à l'acaht sur ces voitures. On améliore aussi le bilan carbone de l'entreprise.» «On fait quand même attention, car la période est compliquée. Mais si on estime que l'investissement apporte un gain à l'entreprise, on le fait.»
LECLERC
(Pont-l'Abbé) Directeur: Patrick Bellec 225 salariés CA: non communiqué
0298660888