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Olnica veut tracer les matières plastiques recyclées
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Olnica veut tracer les matières plastiques recyclées

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La société rennaise Olnica, experte dans la traçabilité des produits, va travailler avec deux structures morbihannaises sur un programme de recherche autour des matières plastiques recyclées. L’objectif ? Développer un procédé de traçabilité unique à l’usage des industriels aligné avec les objectifs européens et français en matière d’économie circulaire.

Nicolas Kerbellec, fondateur et directeur de l’innovation d’Olnica, filiale du groupe morbihannais Socomore — Photo : DR

Récemment reprise par le groupe morbihannais Socomore, l’entreprise innovante rennaise Olnica (15 salariés, CA non communiqué), experte en solutions de marquage et d’authentification des matériaux, annonce le lancement du projet TagMPR en réponse à un appel à projets régional sur le croisement de filières. Ce projet ambitieux, qui a démarré début novembre, vise à apporter une solution concrète aux défis du recyclage des plastiques en développant un procédé de traçabilité unique aligné avec les objectifs européens et français en matière d’économie circulaire. Il sera mené en collaboration avec deux structures morbihannaises : ComposiTIC, plateau technique porté par l’Université Bretagne Sud. Et Elixance Polymers, PME basée à Elven et experte dans la chimie des couleurs et des polymères. Une dizaine de collaborateurs (des chercheurs et ingénieurs) des trois entités seront mobilisés sur ce programme de R & D qui prendra deux ans.

"Nous développons une technologie qui permettra de vérifier en temps réel l’utilisation de matériaux recyclés"

Actuellement, l’absence de méthodes fiables de démonstration de l’utilisation des matières premières recyclées (MPR) dans les produits est un frein à l’éco-modulation des filières de recyclage (mécanisme d’incitation économique qui récompense les entreprises à utiliser des matériaux respectueux de l’environnement, NDLR). Face à la montée en puissance des régulations, telles que la loi AGEC (loi anti-gaspillage, NDLR) et les initiatives européennes visant à augmenter l’utilisation des plastiques recyclés dans les produits de consommation, TagMPR apporte une solution technologique clé.

Granulés plastiques dotés de traceurs moléculaires

Le projet prévoit en effet d’apporter au client final une garantie du taux de matière première recyclée employé pour fabriquer ces produits. Pour ce faire, le consortium développera des granulés plastiques, à base de matières premières recyclées issues de gisements de déchets bretons, dans lesquels seront introduits des traceurs moléculaires.

"Recyclage intelligent"

"TagMPR propose une approche différente de la traçabilité des matières premières recyclées. Nous développons une technologie qui non seulement permettra de vérifier en temps réel l’utilisation de matériaux recyclés, mais qui contribuera également à l’économie circulaire en garantissant la transparence des processus. Ce projet ouvre la voie à une nouvelle ère de recyclage intelligent", expose Nicolas Kerbellec, fondateur et directeur de l’innovation d’Olnica. Le dirigeant flèche comme industriels qui pourraient être intéressés par les matières plastiques recyclées les acteurs du bâtiment et de l’automobile en premier lieu. "C’est un outil pour l’engagement RSE de nos clients." Le marché visé par le consortium breton derrière son innovation est français et européen.

Un coût de 500 000 euros pour les recherches

TagMPR est soutenu par la Région Bretagne, Rennes Métropole, le fonds FEDER (Fonds Européen de Développement Régional), et Vannes agglomération avec une labellisation des pôles de compétitivité EMC2 et Images & Réseaux. Le montant de la subvention n’est pas communiqué. Le coût du programme TagMPR est évalué à plus de 500 000 euros environ.

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