Avec 3 à 6millions de personnes obèses et 10.000 enfants touchés par le surpoids dans les écoles, en France, la nutrition est un problème de santé publique majeur. Problème auquel les autorités s'attaquent. En aval, auprès des consommateurs, mais aussi en amont. Objectif: inciter toujours plus les industriels de l'agroalimentaire à améliorer la qualité nutritive de leurs produits. C'est tout l'objet de la charte de progrès nutritionnel signée, à ce jour, par onze acteurs français de la distribution, la production et des collectives. Le groupe Marie (265M€ de CA, 1.400 salariés) est l'un d'entre eux. Marie-Dominique Quignon, directeur R & D Qualité, Sécurité et Environnement, était à Rennes le mois dernier. Lors d'un colloque à l'Agrocampus, elle a commenté l'application de la charte au sein de Marie. Un groupe qui, chaque année, lance cinquante nouveaux produits et rénove la moitié de ses gammes. «Depuis 2003, nous diminuons les teneurs en sel et matière grasse, explique Marie-Dominique Quignon. Nous avons créé un poste d'ingénieur R & D dédié, nous soutenons différents programmes de recherche. Nous avons donc saisi cette charte comme une opportunité de mobiliser les équipes vers de nouveaux objectifs.»
Structurer fortement
Marie a signé le document en juillet2008. «Ce qui était difficile à faire, c'était de se projeter. Quelle hauteur de marche à grimper.» Sur trois ans, Marie s'est engagé sur plusieurs points: poursuivre la réduction de la teneur en sel (déjà -22% entre2005 et2009); améliorer la qualité des matières grasses; augmenter les taux de fibres; amplifier l'information nutritionnelle et soutenir la recherche. Un programme ambitieux qui nécessite une structuration forte. «On a mis en place un comité de pilotage, nommé un chef de projet.» Ça, c'est pour l'amorce. Ensuite, pour le faire vivre, c'est une autre histoire. Car «c'est un véritable projet d'entreprise mais parmi des dizaines d'autres projets, décrit la directrice. Il convient donc de mobiliser tout le monde dès le départ et communiquer régulièrement. Il faut un système de pilotage, des tableaux de bord.»
Qualité perçue
Et puis décréter la réduction des sels et des graisses, c'est bien, mais il faut penser à l'ensemble de la chaîne. De la ligne de production, au consommateur. «On ne peut pas retoucher les produits. Souvent, il faut passer par des reconceptions», précise Marie-Dominique Quignon. Il faut aussi suivre la qualité perçue, suivre l'évaluation client.» Bref, tout un tas de contraintes qui sont peut-être plus faciles à supporter quand on est un grand groupe...
En signant une charte de progrès nutritionnel, les industriels de l'agroalimentaire sont incités à améliorer leurs produits. Une démarche pas si simple à mettre en place quand on est un petit...