Hervé Vasseur,
président du réseau Nutrinoë, regroupant 17 entreprises bretonnes de la nutrition animale
Comment se porte le marché de la nutrition animale en Bretagne ?
La région produit 8 millions de tonnes d'aliments pour les élevages, soit 38,5 % de la fabrication française (qui est de 20 Mt). C'est en baisse par rapport à 2005, où la Bretagne en produisait 50 %. Elle souffre plus que l'ensemble de la France. Cela explique des fermetures d'usines... Il y a une restructuration permanente au niveau de la nutrition animale en Bretagne. On constate actuellement une dynamique laitière qui s'installe ici. Globalement, on remarque en Bretagne comme sur le reste de la France que l'on produit moins d'aliments pour animaux : -9 % en 13 ans dans l'Hexagone. Mais il y a des disparités avec des pays comme la Pologne ou l'Allemagne, qui, elle, a connu un bond de 24 % !
Et le marché de la viande, quelle tendance a-t-il ?
L'Europe consomme moins de viande, au rythme de -2 à -3 % par an environ, allant jusqu'à -8 à -9 % en France. C'est notamment dû à la baisse de la viande de boeuf. La volaille, elle progresse de 2 %.
La Bretagne, elle, affiche une baisse de 3,5 % dans sa production en 2014 (3,8 millions de tonnes). Mais elle réalise 73 % des fabrications françaises et 8 % des fabrications européennes.
Les éleveurs souffrent en Bretagne, notamment dans le porc. Qu'attendent-ils pour leur filière ?
En Bretagne, le prix payé à l'éleveur de porc a baissé de 8 % en 2014, ce qui entraîne des difficultés de trésorerie. Pourtant la production de porc en Europe augmente. Nutrinoë, qui est, avec ses entreprises adhérentes un lien entre les productions animales et les productions végétales, veut faire des propositions : nous voudrions d'abord des réponses rapides des organismes de financement, la participation d'un représentant de l'État autour de la table des cofinancements, un rééchelonnement des dettes et la mise en place par l'État d'aides financières et sociales d'urgence pour les élevages en grande difficulté.
Propos recueillis par V.M.