En 2024, plus de 14 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi chaque jour dans la région, soit 5 168 exactement dans l’année. Un chiffre au plus haut depuis la création du baromètre de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs en 2015, réalisé par l’association GSC et Altares.
La majorité des départements touchée
La Gironde est le département le plus touché, avec 1 729 chefs d’entreprise ayant perdu leur emploi (+ 22 %). Ils sont 555 dans les Pyrénées-Atlantiques, 551 en Charente-Maritime, 395 dans les Landes, 356 en Haute-Vienne, 276 dans le Lot-et-Garonne, 262 en Charente, 252 dans la Vienne. La Corrèze enregistre la plus forte évolution avec + 32,5 %.
Deux départements résistent mieux : la Dordogne (- 15,2 %) et la Creuse, comptant le plus faible nombre d’entrepreneurs impactés (63 au total ; un nombre en hausse de + 12,5 %).
Les TPE premières impactées
Plus des trois quarts des entrepreneurs de la région en situation de perte d’emploi étaient à la tête d’une TPE de moins de trois salariés. L’âge moyen des patrons concernés est de 47 ans. "Ce constat soulève également la question des difficultés de transmission d’entreprise" souligne l’analyse.
Construction, commerce et restauration très exposés
Les secteurs de la construction, du commerce, de l’hébergement-restauration et débits de boisson sont particulièrement exposés dans la région. Les fragilités du secteur de la construction s’accentuent en 2024 "en raison de la hausse des prix des matériaux", explique le baromètre, évoquant près de 1 300 femmes et hommes de la région qui ont perdu leur activité professionnelle dans le secteur (+ 37,5 %), en particulier dans le bâtiment.
"Le début de l’année 2025 sera crucial pour beaucoup."
En raison de la décélération de l’inflation, la hausse du nombre de pertes d’emploi dans le commerce est plus modérée (1 177 entrepreneurs concernés soit + 8,1 %). Mais l’activité de commerce de détail demeure l’une des plus impactées en Nouvelle-Aquitaine avec 758 dirigeants concernés.
Dans le secteur de l’hébergement, restauration et débits de boissons, 800 dirigeants de sociétés se sont retrouvés au chômage en 2024 (+ 10,3 %). Les activités de restauration concentrent plus des deux-tiers des chefs d’entreprise impactés du secteur.
Les entrepreneurs du secteur des services aux entreprises sont également touchés (570).
L’enjeu de la maîtrise des risques
"Cette situation s’inscrit dans un contexte économique particulièrement tendu, avec une inflation certes contenue mais une faible croissance qui fragilise les entreprises. Souvent confrontés à des difficultés de rentabilité, les entrepreneurs peinent à maintenir leur activité. Le début de l’année 2025 sera crucial pour beaucoup", commente Hervé Kermarrec, président de l’association GSC. "Il est essentiel de sensibiliser les entrepreneurs à la nécessité de maîtriser les risques en les informant sur les filets de sécurité financiers à leur disposition", conseille-t-il.
Même analyse pour Thierry Millon, directeur des études Altares, qui prône "une gestion très proactive des risques qu’ils soient de nature professionnelle ou personnelle". "Un défi administratif parfois, ou financier souvent, mais un impératif à tout âge, même fort d’une solide expérience, ajoute-t-il. En illustration, la perte d’emploi de dirigeants de plus de 60 ans accélère fortement (+ 33 %). Un constat qui résonne à l’heure des discussions sur l’employabilité des seniors."