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"Nous sommes en train de boucler le financement d’un gros projet d’extension"
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Didier Hamm président Isotoner pour l’Europe "Nous sommes en train de boucler le financement d’un gros projet d’extension"

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Créée en 1894 dans le Cantal, la marque Isotoner, connue pour ses chaussons, ses gants et ses parapluies a changé de main en juin dernier, rachetée par le groupe Marquee Brands. Dans le même temps, l’entrepreneur français, Didier Hamm, a lui repris la société Isotoner France et par là même, les activités opérationnelles d’Isotoner pour l’Europe. Avec des ambitions fortes de développement et notamment un projet d’extension de son site de production dans le Cantal.

Après avoir dirigé le groupe de négoce de chaussures Royer, Didier Hamm est devenu, en juin dernier, le président opérationnel de la marque Isotoner pour l’Europe — Photo : Shehan Hanwellage

Dans quelle situation l’entreprise Isotoner se trouve-t-elle aujourd’hui, plus de quatre mois après que vous avez repris la licence pour l’Europe ?

Isotoner est une marque puissante qui affiche cette année une croissance entre 10 et 15 %. Nous restons leader sur nos trois activités historiques que sont les chaussons, les parapluies et les gants, avec plus de 30 % de parts de marché en France. Lors de notre dernier exercice, qui s’est clôturé fin juillet, nous avons enregistré 75 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’an prochain, nous misons sur 83 à 85 millions. On peut dire qu’Isotoner est une entreprise heureuse et prospère dans un secteur en difficulté. L’habillement et la chaussure ont, en effet, connu plusieurs restructurations ces dernières années, le panier moyen a baissé avec l’inflation et le pouvoir d’achat contraint. Il y a, aussi, la montée en puissance de la seconde main et puis, les tensions géopolitiques… Mais, malgré ce contexte, nous nous en sortons bien. Notamment parce que notre offre est adaptée et reste à des prix accessibles. Isotoner a vendu, l’an dernier, 8 millions de pièces, 5,5 de paires de chaussons et chaussures et 2,5 millions d’accessoires du quotidien.

Justement, votre projet consiste-t-il à élargir les gammes de produits ?

Nous sommes présents aujourd’hui sur une douzaine de catégories de produits, mais on est capable d’aller plus loin. Nous avons déjà "désaisonnalisé" notre offre. Nous ne faisons pas que du chausson pour hiver, nous proposons, par exemple, des sandales extra-flexibles depuis 2023. Cette année, 150 000 paires ont été vendues. Nous projetons d’en vendre 400 000 l’an prochain. Pour cet hiver, nous lançons aussi deux nouvelles catégories : la petite maroquinerie, avec des portefeuilles notamment, et puis, des ceintures. L’innovation est notre ADN, que ce soit pour les nouveaux produits ou pour les existants.

Quels sont les autres axes de développement de l’entreprise pour les mois à venir ?La marque est présente dans plus de 7 000 magasins, que ce soit des grandes surfaces, des réseaux spécialisés, des détaillants… La France reste, de loin, notre premier marché avec 75 à 80 % de notre chiffre d’affaires réalisé dans l’Hexagone. Puis, viennent l’Espagne (8 %) et le Benelux (7 %). Mon ambition est de développer l’export, notamment du côté de l’Allemagne, de la Suisse, de l’Autriche, puis des pays de l’Est et de la Scandinavie. J’ai une solide expérience internationale, acquise quand j’étais dirigeant de Bushnell (marques Cébé et Bollé) ou de Royer (négoce de chaussures). Je comptais, alors, des clients dans une cinquantaine de pays. Et puis, nous voulons également développer Isotoner sur internet. Il y a un gros potentiel de développement sur ce segment, sur notre propre site ou sur des marketplaces. Ce canal représente aujourd’hui 12 % de notre activité. Nous espérons grimper à 20 % d’ici 3 à 4 ans afin de poursuivre la belle dynamique de l’entreprise.

Comment comptez-vous soutenir cette croissance ? Des investissements sont-ils envisagés sur votre site historique du Cantal ?

Notre site de Saint-Martin-Valmeroux emploie aujourd’hui 170 salariés permanents sur les 250 que compte le groupe. Nous y effectuons le packaging, le contrôle qualité, mais aussi la personnalisation des produits et les finitions. Pour répondre au développement de l’entreprise, nous sommes en train de boucler le financement d’un gros projet d’extension du site. Je souhaite construire un bâtiment logistique de 5 étages, d’environ 10 000 m² qui sera, à lui tout seul, aussi grand que nos quatre entrepôts actuels. Cela représente un investissement de 6 à 8 millions d’euros. Cela devrait nous permettre de répondre à notre croissance de manière autonome. Il nous faudra aussi des effectifs supplémentaires. Isotoner pourrait recruter entre 20 et 30 personnes dans les deux ans à venir.

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