"Nous investissons 10 millions d’euros pour notre lancement au rayon épicerie avec les gourdes de compotes"
Interview # Agroalimentaire # Transition écologique

Laurent Huynh directeur général de Charles & Alice "Nous investissons 10 millions d’euros pour notre lancement au rayon épicerie avec les gourdes de compotes"

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Nommé directeur général de Charles & Alice en juillet 2025, Laurent Huynh veut accélérer la croissance du spécialiste drômois des desserts aux fruits, tout en consolidant ses engagements environnementaux. Avec un investissement important pour soutenir la production des gourdes de fruits sur son site de Monteux dans le Vaucluse. Décryptage de sa feuille de route.

Laurent Huynh, nouveau directeur général de Charles & Alice, depuis le 1er juillet 2025 — Photo : ERIC SOUDAN_ALPACA PRODUCTIONS

Vous venez de prendre la direction générale de Charles & Alice. Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

J’ai 56 ans, je suis né en banlieue parisienne, à Gennevilliers. Je suis diplômé de l’ESSEC Business School. J’ai commencé ma carrière chez Danone. J’ai rejoint ensuite le groupe L’Oréal pendant trois ans avant d’intégrer les équipes marketing du groupe Mars. En 2001, je réintègre Danone pour six ans : d’abord à la tête d’une direction marketing France puis à la direction marketing de l’ensemble du portefeuille canadien. J’ai ensuite poursuivi ma carrière pendant plus de dix ans au sein du groupe EBRO, en tant que directeur général de Lustucru Frais en France. En 2019, j’ai été nommé à la direction générale de Bjorg & Compagnie, avant de rejoindre BEABA.

Quelles sont vos priorités depuis votre prise de fonction ?

Nous avons deux grands axes de développement : poursuivre notre croissance au rayon frais, où nous sommes déjà leader du "sans sucres ajoutés" dans les desserts aux fruits avec 60 % de parts de marché, et réussir notre entrée au rayon épicerie avec les gourdes de compotes. Aujourd’hui, le leader c’est Materne. Mais c’est un marché en forte croissance (6 % en volume cette année). Notre volonté est de prendre 10 % de parts de marché. Depuis mars 2025, 12 références sont disponibles, et nous serons présents dans deux points de vente sur trois d’ici la fin de l’année dans le secteur de la GMS. Nous voulons faire de cette innovation un relais de croissance fort et pérenne.

Vous avez lancé plusieurs innovations ces derniers mois, pouvez-vous nous en dire plus ?

Au rayon frais, nous avons lancé une gamme de compotes inspirées de cocktails – mojito, piña colada, spritz et daiquiri – en version sans alcool. Cette collection, a rencontré un très bon accueil et nous permet de séduire une cible plus jeune.

"Nous allons investir 10 millions d’euros d’ici 2026 pour soutenir la production des gourdes à Monteux, dans le Vaucluse. Dont 6,5 millions sur la partie industrielle et 3,5 millions en marketing et communication"

L’innovation, chez Charles & Alice (570 salariés, 222 M€ de CA en 2024, NDLR), ce n’est pas seulement un nouveau produit : c’est aussi la manière dont on produit, dont on conçoit nos emballages, ou encore la façon dont on valorise nos co-produits.

Quels investissements accompagnent ces nouveaux développements ?

Nous allons investir 10 millions d’euros d’ici 2026 pour soutenir la production des gourdes à Monteux dans le Vaucluse : 6,5 millions sur la partie industrielle et 3,5 millions en marketing et communication. Ce projet s’accompagne du recrutement de 20 collaborateurs supplémentaires. D’autres investissements sont prévus sur notre site d’Allex, dans la Drôme, notamment pour réduire la consommation d’eau.

Justement, comment se traduisent vos engagements d’entreprise à mission ? Des engagements qui incluent un volet environnemental.

Notre mission repose sur trois piliers : un approvisionnement local, la réduction de notre impact environnemental et le bien-vivre ensemble. Sur l’approvisionnement, 70 % de nos fruits viennent de vergers situés à en France. Cela soutient l’agriculture nationale et limite notre empreinte carbone. Sur l’environnement, notre objectif est de réduire de 80 % notre consommation d’eau d’ici 2028, sachant que nous en sommes déjà à -44 %, ainsi que de retraiter 98 % de nos déchets. Sur ce dernier point nous avons atteint la barre des 95 % aujourd’hui. Enfin, le bien-vivre ensemble, c’est un engagement fort envers nos collaborateurs : nous avons recruté 220 personnes en dix ans et nous voulons continuer à faire grandir nos équipes dans un environnement épanouissant, où chacun peut trouver du sens et des perspectives.

Et l’international dans tout cela ?

L’export représente aujourd’hui 15 % de notre activité, dont les deux tiers aux États-Unis, où nous disposons d’un site de production à Lancaster (en Pennsylvanie, NDLR). Ce marché reste stratégique : il nous permet d’exporter notre savoir-faire français et d’adapter nos recettes aux goûts locaux. À moyen terme, nous regardons aussi vers l’Europe, mais ce n’est pas la priorité de 2026. C’est un levier de diversification pour les années à venir. À noter que nous sommes à 50 % d’activités à marque et 50 % de marque de distributeur. Concernant l’activité à marque, nous vendons à 60 % en grandes et moyennes surfaces et à 40 % en restauration hors domicile.

Drôme Vaucluse # Agroalimentaire # Transition écologique # ETI # Investissement industriel
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