Alpes-Maritimes
"Nous créons une 6e branche d’activité dédiée aux solutions RH"
Interview Alpes-Maritimes # Services # Créations d'emplois

Pierre Ippolito dirigeant du groupe Ippolito "Nous créons une 6e branche d’activité dédiée aux solutions RH"

S'abonner

Après les transports, l’immobilier, l’industrie, l’environnement et le tourisme, le groupe azuréen Ippolito se lance dans les ressources humaines, avec Ethic Solutions RH, englobant recrutement, intérim, insertion et formation. Une activité qu'il déploie notamment via de la croissance externe, en reprenant T’Plus avec Interima et la Varappe. Les explications de son dirigeant, Pierre Ippolito.

Pierre Ippolito est à la tête du groupe familial éponyme créé par son grand-père en 1968 — Photo : Olivia Oreggia

Après les mobilités, l’industrie, l’immobilier, le tourisme et l’environnement, pourquoi le groupe Ippolito (1 200 collaborateurs, 299 M€ de CA) se lance-t-il dans les ressources humaines. ?

Cela fait 7 ans que j’ai eu le déclic : le jour où je n’ai pas pu vendre un camion à un client parce qu’il n’avait pas de conducteur. J’ai pris conscience que le produit et la négociation commerciale étaient bien mais devenaient secondaires par rapport aux problématiques RH de mes clients. Si je réglais ces problèmes, ou si du moins je les accompagnais, cela me donnerait un avantage concurrentiel pour les aider à faire de la croissance. Et si mes clients font de la croissance, je fais de la croissance.

Est-ce en réponse aux difficultés de recrutement que vous pouvez rencontrer ?

En interne, j’ai staffé et structuré mes services RH en allouant de plus en plus ressources à la formation et au recrutement et j’ai vu que c’était efficace. Si je fais cela de façon professionnelle au sein du groupe, autant l’externaliser et le proposer à mes clients et au territoire.

Pourquoi vous être lancé avec le groupe niçois Interima (40 collaborateurs, CA : 19,6 M€) et La Varappe (1 020 salariés en ETP, 90 M€ de CA), basé à Aubagne ?

C’est un choix de le faire en collaboration, en collectif avec d’autres acteurs locaux qui partagent nos valeurs et nos ambitions. C’est une approche que j’intègre de plus en plus dans la diversification du groupe. Et ils ont tous deux des valeurs ajoutées complémentaires : la Varappe est le roi de l’insertion, et Interima est un acteur local en qui j’ai confiance, qui est précurseur en RSE et dans la qualité de l’intérim. Cela me paraissait cohérent pour préserver un savoir-faire régional et éviter qu’il parte et devienne une filiale d’un grand groupe national ou international.

Cela me permet par ailleurs d'atteindre immédiatement ma taille critique pour la branche, qui générera 20 millions d'euros dès la première année, et me permettra d'attirer des talents, c'est le deuxième niveau du projet : mes directions générales seront associées dans la holding Ethic. Là encore, avec les collaborateurs et le top management, il s'agit d'un projet collectif.

Cette nouvelle activité passe par la prise de participation stratégique dans deux entreprises, T’Plus, avec Interima et la Varappe, et Icem…

Il nous fallait une entreprise d’intérim, c’est la brique la plus importante, celle qui génère le plus de flux. Je ne voulais pas partir de zéro mais par l'acquisition d'une structure existante. Repris cet été (au groupe Agyca dirigé par Yvon Grosso, NDLR), Icem (CA : 3 M€) permet de me lancer et d’être l’entreprise d’intérim du groupe Ippolito. Nous avons vraiment l’objectif de la développer, dans les Alpes-Maritimes dans un premier temps. Avec T’Plus (25 salariés, CA 2022: 13 M€), société niçoise fondée par Yvon Grosso en 1995, nous sommes sur de l’intérim d’insertion, qui est un métier très spécifique.

"Notre ambition est que cette branche devienne une ETI en 2030."

Quelle sera la valeur ajoutée d’Ethic Solutions RH ?

D’abord d’avoir une approche à 360° : le recrutement, avec Ethic recrutement (5 collaborateurs) que nous avons créé il y a quelques mois, l’intérim, l’insertion et la formation. Très peu d’acteurs sont sur ces quatre piliers-là. Les grands groupes, type Adecco ou Manpower, sont très bons sur l’intérim, pas mauvais sur le recrutement, mais ils ne sont pas reconnus comme des acteurs de la formation. Et puis je n’ai pas vu une ETI familiale, régionale, sur les métiers des ressources humaines en 360. Il y avait Proman (5 000 collaborateurs, CA : 4,1 milliards d’euros), dans les Alpes-de-Haute-Provence, mais ce n’est plus une ETI, c’est devenu un grand groupe.

Concernant la formation, nous travaillerons sur des formations techniques, in situ, avec des machines, des véhicules, qui s’ouvriront à d’autres secteurs que la mobilité. Cela se fera via l’académie que nous avons au sein du groupe qui deviendra Ethic Formation. Elle proposera des formations sur-mesure, courtes, sur des plateaux techniques. Voilà notre élément différenciant.

Quelles sont vos ambitions pour cette nouvelle activité ?

Devenir une ETI, sur cette branche-là, en 2030. Mais ce n’est pas une question d’argent, de chiffres ou de taille. Il faut juste que cela réponde à un besoin du territoire et que cela ait du sens.

Alpes-Maritimes # Services # Créations d'emplois # Ressources humaines