Quelle est l’activité de Proptexx ?
Nous sommes une entreprise qui travaille dans le domaine de l’IA et comptons 23 collaborateurs. Nous avons démarré il y a quatre ans en nous intéressant aux photos figurant sur les portails immobiliers Se loger ou le BonCoin. Nous fournissons une solution qui permet de personnaliser l’intérieur de la maison ou de l’appartement auquel le potentiel acheteur s’intéresse. Nous avons lancé le produit il y a un peu moins d’un an et à fin mai, nous tournons à environ 20 millions de photos par mois. Nous comptons parmi nos clients ImmoScout24, qui est le portail immobilier numéro un en Allemagne, ou encore ReMax Europe. Nous avons des clients similaires aux États-Unis. Nos solutions permettent à ces portails un engagement plus fort, les visiteurs passent plus de temps sur le site, il y a plus d’interactions avec l’agent immobilier qui reçoit davantage d’informations de l’utilisateur.
Nous avons récemment lancé le même outil pour les plateformes e-commerces comme Shopify, WooCommerce. Nous fournissons une solution assez simple, sans code, qui permet aux vendeurs d’installer un petit plug-in de personnaliser l’environnement du bien, que ce soit un canapé, une lampe ou n’importe quoi d’autre. Comme si on essayait avant d’acheter. Ces outils visuels permettent là encore d’augmenter l’interactivité ou l’engagement du client.
Vous êtes Islandais, le centre de R & D de Proptexx est à Sophia Antipolis, pourquoi le siège social est-il à New York ?
Un de nos marchés principaux est l’Amérique du Nord. Nous avons démarré là-bas, nous avons levé des fonds là-bas, des VC nous suivent (3 millions de dollars, près de 2,5 M€, NDLR). Malheureusement la partie VC n’est pas très bien développée en Europe, donc c’est un peu plus difficile. Mais les talents se trouvent en Europe, et surtout dans la région.
N’y a-t-il pas ces mêmes talents aux États-Unis ?
Non, on n’y trouve plus ce qu’on veut. C’est très souvent cher pour ce que c’est, et simplement pas en phase avec les besoins d’aujourd’hui. Nous avons trouvé plus de matière grise, de "brain power", ici qu’aux États-Unis où cela devient très compliqué de recruter et de retenir les employés. Trouver un développeur à moins de 300 000 dollars par an, c’est très difficile.
Et cela a-t-il été plus simple de trouver des investisseurs aux États-Unis ?
Cela n’a pas été plus facile qu’en Europe mais le chemin pour l’atteindre a été beaucoup plus clair. Pour lever des fonds en Europe, on est souvent découragé avant de commencer, alors qu’aux États-Unis, on est encouragé avant de commencer. En Europe, il n’y a pas d’argent, c’est difficile, on a tout de même une aversion au risque… Ce n’est pas du capital-risque en soi, c’est du capital bien structuré qui vient souvent quand on n’en a plus besoin, que c’est trop tard.
Comment vous êtes-vous retrouvé à Sophia Antipolis ?
École hôtelière à Lausanne, en Suisse, puis j’ai vadrouillé à travers la planète, j’ai fait 15 ans en Asie. Récemment, j’étais à Toronto pour Proptexx. Et en procédant un peu par élimination, je suis entré en contact avec la Fondation Sophia Antipolis que j’ai découverte sur Internet, recommandée tout bêtement par Google. J’avais les yeux sur Barcelone, Copenhague ou Stockholm. Je connaissais évidemment la Côte d’Azur pour y passer parfois des vacances, mais je n’avais jamais entendu parler de Sophia Antipolis. Je suis venu visiter, j’ai eu des rendez-vous avec la Fondation, j’ai vu les infrastructures : c’était parfait pour développer un centre R & D. Cela cochait tous les critères parce qu’il y a les talents, l’Université, les écoles, nous avons en ce moment des stagiaires qui sortent de 42 (réseau d’école d’informatique basé notamment à Nice, NDLR).
Et évidemment, la Côte d’Azur, ça se vend bien, c’est attrayant, et souvent la question du salaire devient secondaire.
Combien de temps cela a-t-il pris pour choisir de vous installer ici ?
Environ une année. Pourquoi compliquer quand on peut faire simple ! Il y a un milliard de possibilités sur la planète, ce n’est pas ce qui manque. Mais là, il y a l’aéroport, les accès, la facilité d’installation, le fait aussi que je parle français… tout pointe vers la Côte d’Azur. Et puis c’est l’Europe, c’est simple, je n’ai pas besoin de faire une carte de séjour ou autre chose. Je suis comme à la maison !
Et de la façon dont la Fondation Sophia Antipolis m’a pris en charge — elle m’a aidé à trouver des bureaux, mis en contact avec des experts-comptables, des avocats…- c’était très rassurant, je savais qu’elle serait là si besoin. J’ai fait le même exercice au Canada, cela n’a pas donné la même chose. Il y a aussi le plaisir personnel, la gastronomie, la météo…
Quelles sont vos ambitions pour Proptexx en termes de développement, de chiffre d’affaires ?
Nous allons commencer à basculer dans une phase plus commerciale que technologique. La partie technologique, nous allons la consolider et allons mettre plus de ressources dans l’acquisition clients, le marketing. Le but est d’augmenter le nombre de photos pour passer de 20 millions à 100 millions d’ici la fin de l’année, et réaliser un chiffre d’affaires entre 5 et 10 millions d’euros dès cette année.