Le 3 octobre 2024, les 20 salariés et leur dirigeant Jean-Philippe Rolleri ont rouvert les portes de leur magasin Promocash de Puget-sur-Argens, dans le Var. Soit quatre mois et un jour après la survenue d’un incendie, qui n’a pas laissé grand-chose derrière lui…
Le 2 juillet 2024, alors que la saison d’été vient de commencer pour nombre de ses clients restaurateurs, les moteurs générateurs de froid du magasin Promocash de Puget-sur-Argens prennent feu. En peu de temps et malgré l’intervention de son dirigeant Jean-Philippe Rolleri, la zone technique est totalement détruite et le magasin, recouvert de suie. "Les pompiers ont mis plus de 2 heures 30 pour maîtriser le sinistre d’origine électrique", raconte le franchisé, qui avait repris ce magasin en octobre 2022 et réussi à insuffler une belle croissance. "Depuis la reprise, nous avions retravaillé notre stock, structuré nos process pour aller chercher des volumes que nous n’allions pas chercher. Notre chiffre d’affaires avait progressé de 15 % entre 2022 et 2023, avec 1 900 clients actifs et nous avions créé trois emplois en un an, passant de 17 à 20 collaborateurs", précise Jean-Philippe Rolleri. Il a clairement bénéficié de la dynamique du groupe Promocash, fournisseur et grossiste alimentaire pour les professionnels de la restauration qui "a réalisé en 2023 l’une des deux meilleures progressions du secteur."
Après l’urgence, le temps de la réflexion
Du jour au lendemain, le feu a interrompu l’élan retrouvé, mais il n’a pas entamé la volonté du dirigeant, qui travaille avec sa femme, ni celle de ses équipes. "Avant de penser à reconstruire, il a fallu traiter les affaires courantes, prévenir notre clientèle, par courrier, par SMS, par e-mail, par téléphone dans un contexte de début de saison, où des engagements avaient été pris et où le moment est mal choisi pour changer de fournisseur", raconte l’entrepreneur. Puis, avec 5 membres de l'équipe, ils ont retroussé leurs manches pour s’atteler à tout reconstruire. Quant aux autres collaborateurs, ils ont été placés en chômage partiel.
"Cette phase a commencé par un flot d’interrogations. Qu’est-ce qu’on fait ? Comment ? Que disent les assurances ? Puis, les réponses obtenues, nous décidons d’en profiter pour faire tout ce qu’on n’a pas le temps de faire en règle générale, lorsque nous avons le nez dans le guidon", poursuit Jean-Philippe Rolleri.
Il décide de faire de ce sinistre une opportunité. Il remet à plat son assortiment, il se sépare de références et en intègrent de nouvelles. Après avoir intégralement vidé son magasin, qui avait été recouvert de fumée et de suie, après l’intervention d’une équipe de nettoyage spécialisée, il revoit l’agencement de son magasin, il travaille son plan pour un meilleur parcours client. "Grâce à un important travail en amont, nous avons redonné un coup de jeune au magasin, modernisé la signalétique, modifié nos visuels, nous avons redonné de la profondeur à notre allée centrale. Et aujourd’hui, nous avons gagné en fluidité, nous avons facilité le travail de nos salariés et nous leur avons donné l’impression qu’ils revenaient travailler dans un nouveau cadre de travail", se félicite le directeur.
Pas d’économies sur la sécurité
Côté assurances, le dossier a suivi son cours. Dès le lendemain, deux experts d’assurance étaient déjà sur les lieux, mais aussi une multitude d’experts d’assurés, dont la mission est de défendre l’intérêt de l’assuré. "Par chance, nous sommes bien accompagnés, nous avons, au niveau du groupe, un contrat-cadre bien ficelé. Par ailleurs, nous avons toujours été très carrés sur la sécurité et tous les contrôles, qu’il s’agisse de la vérification périodique des installations électriques, de la vérification des mêmes installations par thermographie infrarouge, de la bonne tenue du livre de sécurité du magasin, etc. Si je n’ai qu’un conseil à donner, c’est de ne pas faire d’économies sur tout ça, surtout pas !" À la fin du mois d’octobre 2024, l’assurance lui avait indemnisé (via des avances) son stock et il avait engagé des discussions sur le montant de l’indemnité versée au titre de la garantie des pertes d’exploitation, soutenu par un expert d’assuré.
La réouverture
Le 3 octobre 2024, alors que la saison estivale se termine, Jean-Philippe Rolleri a rouvert les portes de son Promocash. La nouvelle installation n’est pas définitive. Il a investi dans un groupe froid temporaire, le temps que les travaux définitifs s’achèvent en janvier ou février 2025. "En attendant, nous travaillons à 80 % de nos capacités", précise le dirigeant. Si le sinistre à proprement parler est derrière lui, le redémarrage est dur : "La saison est terminée, le marché du CHR n’est pas celui qui se porte le mieux en ce moment et il nous faut reconquérir nos clients. Nous avons reçu le soutien de commerciaux d’autres Promocash, ce qui nous a permis d’aller à la rencontre de 600 clients en une semaine. Nous avons investi dans la publicité. Nous n’avons pas lésiné sur les moyens et avons conservé 65 % de notre volume. Pour nous, le vrai bilan aura lieu en 2025", poursuit Jean-Philippe Rolleri, qui espère retrouver le niveau de chiffre d’affaires d’avant sinistre en 2026. En attendant, "nous avons gagné au moins une chose, j’ai une équipe bien plus soudée", conclut-il.