Vous êtes le président de MoodHouse, le premier lieu de séjour pour la prévention et prise en charge du burn-out en Bretagne, pourquoi avoir créé ce concept ?
J’ai fait un burn-out très sérieux en octobre 2019. J’étais trader depuis 25 ans avec un rythme intense, des allers-retours incessants entre Paris et Londres. Il y a eu les décès rapprochés de mes parents dont celui de ma maman quelques jours avant le confinement. C’est multi-factoriel. J’étais vraiment très mal. Je voulais aller en clinique psychiatrique mais, compte tenu du protocole lié au Covid, j’aurais été en quarantaine dans une chambre. Ce n’était pas la solution. J’ai alors réfléchi à tous les signaux qui avaient précédé mon burn-out et que j’ai complètement ignorés. Je me suis donc dit qu’il fallait faire de la prévention en pensant à une solution digitale mais il y avait déjà des start-up qui existaient.
J’avais aussi fait le constat qu’il fallait extraire la personne de son quotidien pour qu’elle puisse se recentrer sur elle et qu’elle puisse être accompagnée sur le chemin de la reconstruction.
C’est ce qui vous amène à ouvrir un site dédié et à faire de MoodHouse, un projet collectif avec plusieurs associés ?
Oui. J’ai trouvé cet hôtel Parc Er Gréo à Arradon qui était à vendre. Je me suis donc associé à plusieurs personnes et nous avons surtout associé nos compétences. Il y a Olivier Savourel, un chef d’entreprise vannetais bien connu dans le monde de l’hôtellerie notamment, Geoffroy Delion, dirigeant d’un cabinet en ressources humaines, de Benjamin Brion, le fondateur de MooDwork, la plateforme de santé mentale au travail, Pierre Martin, un ami spécialisé sur le volet de la finance ainsi que Luc Bajot, investisseur et sensible à cette thématique. Nous avons donc décidé de réaménager ce lieu, en bord de mer, pour y ouvrir MoodHouse, la structure qui permettra d’aller sur le chemin de la prévention ou de la reconstruction ; une offre qui n’existe pas entre le cadre médical ou les retraites bien-être.
Comment avez-vous construit ce projet ?
Nous aurons mis quatre ans à le construire. Nous avons travaillé avec un médecin chercheur d’un hôpital parisien qui est spécialiste des risques psychosociaux au travail, mais aussi avec une psychiatre spécialisée dans le burn-out ainsi qu’un psychologue du travail. Ceci afin de concevoir un parcours orienté sur la prévention et le rétablissement avec du repos, des activités sportives, la reconstruction mentale, la prise en compte de l’alimentation, le retour au travail. Il y a trois programmes de 5 jours chacun selon les besoins des personnes. Chaque programme ne rassemble que six à dix personnes pour des questions de cohérence avec le sujet.
Qu’est-ce que l’on retrouve au sein de MoodHouse à Arradon ?
Nous avons complètement rénové le lieu. Le projet global avoisine les cinq millions d’euros. L’hôtel 4 étoiles s’étend sur un parc de 3 000 m², dans un bras de mer du Golfe du Morbihan. Il dispose d’une piscine et d’une salle de sport. Il offre désormais 25 chambres. 12 personnes en équivalent temps plein y travailleront dès son ouverture en août. Les professionnels qui interviennent dans les différents séjours proposés sont des psychologues, ostéopathes, sophrologues, diététiciens, coachs sportifs, coach RH… Nous sommes en cours de certification Qualiopi ce qui aide à la prise en charge du financement des programmes. Le coût de nos séjours est d’environ 3 000 euros pour les cinq jours.
Quelles sont vos ambitions en termes de chiffre d’affaires et de fréquentation ? Envisagez-vous de décliner ce concept ailleurs ?
Nous avons le souhait d’avoir un taux d’occupation de 80 % d’ici 18 mois et d’approcher les deux millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici deux ans.
MoodHouse à Arradon doit nous permettre de faire la preuve du concept avant d’ouvrir d’autres lieux. Le projet est vraiment de le dupliquer. Pour l’heure, nous pensons rester en Bretagne et en bord de mer.