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"Nous allons désormais pouvoir mettre en place notre stratégie de croissance"
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Audrey Louail codirigeante d’Ecritel "Nous allons désormais pouvoir mettre en place notre stratégie de croissance"

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Les dirigeants d’Ecritel, Audrey et Thierry Louail ont repris 100 % du capital à des fonds. Le groupe vannetais, acteur majeur en France du marché de l’infogérance et de l’hébergement, fait également entrer au capital ses salariés et managers. Le groupe vise les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 10 ans.

Audrey Louail, préside Ecritel aux côtés de son mari Thierry qui assure la direction générale. Le duo de dirigeants confirme une nouvelle phase de développement — Photo : ALEX BONNEMAISOM

Pourquoi reprendre 100 % du capital d’Ecritel (250 salariés et 35 M€ de CA), groupe d’infogérance et d’hébergement, dont vous étiez jusqu’alors actionnaires majoritaires ?

Nous étions à 70 % du capital avec de la dette bancaire et les 30 % restants étaient détenus par des fonds d’investissement. La seule difficulté est qu’entre-temps, l’entreprise a multiplié par sept son chiffre d’affaires en 15 ans. Or, aujourd’hui les possibilités de refinancement sont plus compliquées au sens large. Nous avons donc opté pour cette opération de reprise du capital via une opération de sponsorless (un LBO sans fonds d’investissement) avec Siparex. Reprendre la totalité du capital, c’est reprendre en main la stratégie de la société et pouvoir se développer comme nous l’entendons. Je dis souvent que les entreprises ont besoin de temps long pour se développer, or les fonds d’investissement s’orientent, eux, sur du temps courts. Nous sommes à la tête de l’entreprise avec mon mari et nous avons des projets qui sont plutôt à long terme. Donc, reprendre le capital, c’est reprendre en main la stratégie de l’entreprise.

Cette opération s’accompagne d’une ouverture du capital aux managers et aux salariés, comment cela s’articule-t-il ?

Jusqu’à présent au capital de la société, il y avait certains managers et les membres du comité de direction. Avec mon mari Thierry, nous souhaitions ouvrir le capital à nos collaborateurs car qui mieux qu’eux est capable de porter la stratégie de l’entreprise, de développer de nouveaux produits et de tourner l’entreprise vers l’avenir ?

Nous en avons parlé avec eux et nous avons créé une Manco, une société de collaborateurs qu’ils ont appelée Family Ecritel. Ils auront la possibilité de détenir jusqu’à 10 % du capital de la société. Chaque année, ils pourront acheter des actions du groupe à tarifs préférentiels et bénéficier d’actions gratuites en plus. Cela pourra se faire une fois par an, après la clôture annuelle du bilan. Nous allons travailler avec une personne extérieure pour monter le projet avec eux et pour bien l’expliquer.

Quels vont désormais être vos prochains projets ?

Nous allons mener à bien un projet sur du très court terme. Il s’agit de passer la certification SecNumCloud, le label de confiance délivré par l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information). Il s’adresse aux prestataires de services cloud souhaitant démontrer un niveau de sécurité parmi les plus élevés du marché. Très peu de prestataires ont aujourd’hui cette certification française très exigeante. Pour la décrocher, c’est un travail très important à faire en amont et des garanties de sécurité ultra-poussées. Pour cela, les investissements sont importants, que ce soit au niveau humain ou en matière d’infrastructures. Nous devrons être sur une fourchette globale d’investissements oscillant entre un et deux millions d’euros. Cette certification est un moyen de soutenir la souveraineté numérique de notre pays donc de renforcer la confiance et la fidélisation de nos clients. C’est aussi une demande de nos clients.

Qu’en est-il de votre projet de construction de votre propre data center ?

Nous avions bien avancé sur ce projet mais nous l’avions un peu mis en retrait car nous devions nous concentrer sur l’opération capitalistique en priorité. Là, nous le relançons. Il sera implanté dans le Morbihan avec des contraintes de sécurité importantes notamment SecNumCloud. Nous voulons aussi qu’il soit le plus autonome possible énergétiquement parlant. Il sera équipé de panneaux solaires. Bien sûr, il ne pourra pas fonctionner totalement en autonomie énergétique, mais le plus possible. Nous souhaitons nous rapprocher d’entreprises, car nous pourrions l’implanter sur des sites d’entreprises avec de l’espace. En effet, nous souhaitons qu’il puisse être évolutif.

Quelles sont vos ambitions ?

Nous entendons faire grandir Ecritel. Cela se traduit par de la croissance organique comme nous l’avons toujours fait en améliorant notre offre. Cela va aussi passer par de la croissance externe. Nous souhaitons faire des rapprochements avec des sociétés évoluant dans les mêmes métiers que les nôtres, sans doute d’abord en Bretagne mais aussi sur d’autres territoires. Nous étudions déjà des dossiers que l’on nous a soumis. C’est une question d’opportunités et c’est aussi du temps pour qu’une opération de croissance externe fonctionne bien.

Sur ce volet de la croissance externe, il est possible que nous nous rapprochions de fonds d’investissement. Rien n’est exclu. En croissance organique, nous sommes sur des croissances annuelles à deux chiffres qui sont de l’ordre de 15 % en moyenne. En actionnant les deux leviers de développement, en organique et en externe, nous devrions atteindre les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici une dizaine d’années.

Vannes # Numérique # Transition numérique # ETI # Capital